< id="et-core-unified-cached-inline-s">.et_pb_image_0 { text-align: center; }

Chronique – Si loin du soleil

Chers lecteurs et lectrices, merci à vous, encore une fois, d’accorder quelque crédit à ma modeste contribution dans l’art difficile de choisir de bonnes lectures. Vous avez le droit de ne pas être d’accord (encore heureux, me direz-vous). Pour votre plus grand bonheur, et le mien accessoirement, je viens juste de terminer le roman écrit par Morgan of Glencoe. Il s’agit de son premier roman et accessoirement du premier tome d’une série intitulée : La dernière geste. Pour ceux et celles qui ignoreraient ce qu’est une geste (non : pas un geste, ça, tout le monde le sait).

La geste : Au Moyen Âge, ensemble de poèmes épiques consacrés aux exploits d’un héros, par extension : une histoire glorifiant un individu, un groupe, un peuple.

Donc, il faut s’attendre à un récit épique et majestueux. Nous y reviendrons.

Comment ce livre m’est-il tombé sous la tablette ? Ha, ça, c’est une belle question ? Le hasard d’une belle rencontre virtuelle, d’un matraquage commercial honteux et sans scrupule (merci Elen), d’une couverture saisissante et de commentaires enthousiastes dignes de thuriféraires. Il n’en fallait pas plus pour que d’un œil curieux, je me mette en quête de la bête.

Allons-y pour cette étrange lecture.

Le titre : Si loin du soleil

L’auteur : Morgan of Glencoe

L’éditeur : Lui-même

L’illustrateur : Laurent Miny

Thèmes abordés : Le sens du devoir, le sacrifice, l’espoir (il y’en a bien d’autres, mais je me restreins à trois…)

Allons-y pour le résumé du livre par l’auteur lui-même

Depuis des siècles, les Humains traitent les fées, créatures magiques dont ils redoutent les pouvoirs, comme des animaux dangereux.

L’alliance du Royaume de France, de l’Empire du Japon et du Sultanat Ottoman se partage désormais l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Ces féroces aristocraties oppriment leurs peuples et écrasent dans le sang toute révolte, qu’elle soit humaine ou féerique.

En choisissant les dangers de la liberté plutôt que la soumission aux règles de sa caste, la princesse Nekohaima Yuri va se forger ses propres valeurs et bientôt, mettra en péril la plus grande puissance du monde.

Au cœur de cette métamorphose, une amitié très improbable…

Ça c’est fait.

 Confirmant le proverbe : l’habit ne fait pas le moine, le résumé est très très loin en dessous de la réalité de l’ouvrage. Autant le dire tout de suite, ce roman est un véritable bijou. Pas de chichis, l’écriture est d’une fluidité à toute épreuve, les personnages sont attachants et profonds, leurs liens sont crédibles, complexes et terriblement immersifs. Le monde est décrit sans lourdeur et aucun passage ne tombe dans le misérabilisme que l’on pourrait attendre d’un univers dur et gris, la couleur de la suie, de la fumée et de l’acier.

Comme pour toutes mes chroniques, je n’aborderai pas l’histoire, du moins, pas sous un angle permettant d’en deviner l’intrigue, vilains canaillous.

Comment vous parler de ce livre sans aborder l’histoire ? C’est déjà assez compliqué pour moi de trouver les mots justes pour décrire mon sentiment concernant ce texte. L’auteur, par un incroyable tour de force arrive à créer un univers qui m’a subjugué, oui, bien sûr, c’est une histoire de princesse, de chevalier, de barde et de rois, oui, il y a des méchants et des gentils, oui, il y a les vivants et les morts. Mais par tous les diables, sa plume nous fait passer par une palette de sentiments d’une richesse ahurissante. J’ai ri, pleuré, tremblé, espéré tout au long de ce roman, grand huit émotionnel à l’histoire vibrante de profondeur. Rien ni personne n’a été laissé au hasard. Tous les personnages ont leur rôle à jouer dans ce texte où l’action est limitée à quelques chapitres. Loin du roman de fantasy à l’action débridée, l’humour est présent en petites touches délicates, l’amour, car amour avec un grand A majuscule police 138 en gras souligné reste évoqué de façon très digne, pudique, d’une sobriété qui fait honneur à son auteur. Un choix que je salue ayant beaucoup de mal avec la grande mode de rajouter des chapitres entiers de fan service (pardon pour l’anglais) racoleurs.

Non content de m’emporter tout au long de son cheminement émotionnel, cet ouvrage m’a également noyé sous les souvenirs, beaucoup de références non dites, de discrètes allusions, tant dans le texte qu’entre les lignes dénotent d’un auteur d’une culture et d’un niveau rare. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser, spontanément, à une très vieille bande dessinée qui m’a marqué enfant, une bande dessinée tombée dans l’oubli et qui pourtant mériterait tellement d’être une référence absolue dans notre société (pardon, je digresse) Nahomi (scénario de Bom, dessiné par Crisse et colorisé par Helen dans les premiers ouvrages, puis dernier tome par Crisse tout seul) sorti en 1981 et introuvable aujourd’hui, une intégrale a été sortie en 2009, mais elle n’est plus éditée non plus. Bien que l’histoire soit très dissemblable, je ne peux m’empêcher d’y trouver des parallèles qui résonnent en moi haut et fort.

En résumé de cette chronique : Lisez-le, c’est un bijou de poésie, de délicatesse et d’une profondeur insoupçonnée. J’ai rarement lu, même chez des auteurs soi-disant établis, renommés, tout ce que vous voulez, un texte de cette qualité. Autant vous prévenir, après la première page, il est très difficile de s’interrompre avant que vous soyez arrivés au bout. Un seul regret ? Il n’existe pas d’édition papier à ce jour.

J’espère que ces quelques lignes vous ont encouragé à aller y jeter un œil, lui accorder un regard et un peu d’attention. La suite promet de beaux et grands moments.

Vous procurer l’ouvrage au format numérique sur Amazon, c’est par ici  

Copyright © 2016 Lysere. All Rights Reserved.