Connexio Sybarite : L’histoire dans l’Histoire : Tome 3 : Leukosis

Bonjour tout le monde, voici donc ce nouvel article réduit sur la genèse de la Connexio Sybarite. Après la calcination, une grosse réduction du premier manuscrit papier vers un tapuscrit et des coupes franches, nous sommes en 2007 et le texte original est passé de 1600 pages écrites à 600 feuilles tapées, nous voici dans l’œuvre au blanc, le lessivage ou leukosis.
J’ai promis de faire court, ce sera donc succinct.

2007, c’est l’année des grands changements : la rencontre avec la femme de ma vie, une installation stable, une reprise d’études avec un vrai projet professionnel, mais aussi une phase étrange dans le travail sur l’ouvrage à laquelle je n’étais pas vraiment préparé. Après sept premières années à grossir démesurément, la cure d’amaigrissement se confirme. Ma compagne s’avère être passionnée de littérature de genre, grande lectrice devant l’éternel et surtout elle apporte une vision particulière du roman, un regard plus doux, moins haché, moins dur. Commence alors une collaboration inattendue sur le manuscrit expurgé. À quoi m’attendais-je ? Je ne sais pas, je n’en suis pas certain, j’ai toujours été très attaché à mon travail, au mythe de l’auteur solitaire qui écrit à son bureau, porte fermée, entouré d’un halo de mystère, qui conserve jalousement ses secrets et ceux de ses personnages par-devers lui.

Avec mon épouse, je découvre une complicité, le plaisir de l’échange, les vives discussions sur des aspects négligés du texte originel. Ce travail durera pendant près de sept ans supplémentaires avec d’intenses phases de coupes franches et la réécriture complète de certains passages en ajoutant une nouvelle dimension émotionnelle à l’ouvrage. Une fois encore le manuscrit change de forme et s’approche de sa métamorphose finale la chrysalide se craquèle, les nombreuses couches successives sont lessivées à grande eau, de six cents feuilles et plus de 250 000 mots, l’essorage nous laisse un texte de 57 500 mots, un petit roman de deux cents pages à la louche, pas un des plus gros bébés qui ai été pondu à la maternité des manuscrits, mais une oeuvre qui a été lue, relue, corrigée, modifiée et annotée tant de fois qu’elle en devient familière.

Le manuscrit de la connexio sybarite avant son lessivage ou LeukosisLe changement de vie, les épreuves, les bonheurs et les difficultés transforment mon style, notre façon de concevoir le monde et enrichissent d’autant l’histoire et les personnages. Quand vient 2014, une seule personne a encore la permission de travailler sur le manuscrit en plus de mon épouse et moi-même, quelqu’un dont l’avis précieux et les suggestions riches ont permis un dernier toilettage avant la grande épreuve, l’envoi aux éditeurs. Ici le lessivage prend tout son sens et malgré plusieurs sollicitations très intéressées aussi bien en France qu’outre-Atlantique chez nos amis québécois, je doute, j’hésite et je recule. Était-ce l’à-valoir proposé qui ne me plaisait pas ? La demande de cession intégrale de mes droits à une société d’édition canadienne ? Non, je pense que sincèrement le manuscrit n’était pas encore prêt à prendre son envol, il manquait quelque chose, un petit quelque chose de particulier.

Pour reprendre l’analogie du grand œuvre, les matières premières ont été fondues et calcinées pour en faire une grosse masse compacte, la nouvelle étape a permis d’éliminer les scories et les déchets les plus importants, il reste encore à sublimer tout cela. J’ai la prétention de comparer la création de la Connexio Sybarite au grand œuvre alchimique, car ce projet, les déboires, les difficultés et les obstacles surmontés m’ont permis d’affirmer mon amour de l’écriture. Le soutien indéfectible de mon épouse, son investissement dans cette aventure, son recul et ses commentaires parfois durs, mais toujours pertinents ont donné la possibilité d’en faire ce que cet ouvrage est devenu. Mon premier roman publiable. Si mon pseudonyme est affiché sur la couverture, tout cela reste en grande partie grâce à elle. Sinon, il serait probablement demeuré dans un tiroir à prendre la poussière après impression. Croire en soi, se transformer en même temps que sa plume se modifie. Cesser la fuite en avant et l’autoapitoiement pour gagner en confiance en soi. Fin 2014, j’ai donc refusé un contrat d’éditeur canadien qui insistait lourdement pour que je rajoute des scènes plus « adultes » malgré un à-valoir alléchant, j’ai envoyé balader un éditeur français qui me proposait un contrat avec 5 % de reversements de droits parce que pour un premier roman il ne voyait pas l’intérêt de faire plus, et j’ai allègrement envoyé promener au loin tous les pseudo-éditeurs qui vous proposent un formidable contrat d’auteur où il faut payer pour sa couverture, puis pour sa relecture, puis pour son impression, puis pour sa promotion… Quelque chose d’autre attendait la voie des ombres.

Merci à Florian et à Séverine pour leur implication dans ce projet, il y a un peu de vous en lui et il n’aurait probablement jamais vu le jour sans votre attention et le soin apporté dans cette phase critique nécessaire.

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