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J’ai fini mon bouquin, je suis fier, je suis parfait… Quoi ? Des Corrections ? Pour faire quoi ?

Vous êtes arrivés au bout de votre manuscrit ? C’est fait, vous en êtes fier ? Il est beau, tout chaud, il sent bon l’encre et la feuille chaude à peine sortie de l’imprimante ? Alors autant vous le dire tout de suite, il ne vaut probablement rien, ça dépend bien sûr de votre façon d’écrire, mais vous aurez beau apporter toutes les corrections et recorrections que vous voulez pendant le processus d’écriture, tant que vous n’avez pas terminé votre manuscrit et posé le mot FIN au bout du bout, votre texte ne vaut en ce moment probablement pas grand-chose.

Avant de me faire lapider sur la place publique, il serait utile de préciser quelques avertissements d’usage. Tout d’abord, au cas où cela pourrait avoir échappé à certains, cet article traitera des corrections et des relectures après avoir écrit un premier jet de texte. Ensuite, si je suis le seul à avoir ce sentiment, peut-être faudra-t-il m’expliquer pourquoi des auteurs bien établis ont le même sentiment, ceci des deux côtés de l’atlantique. Je suis preneur. Ces avis  bien sûr n’engagent que moi, il est possible que je sois le seul brave type au monde à être obligé de faire des corrections après avoir finalisé mon texte.

Dans tous les cas, bref, après trois manuscrits terminés, un roman en cours de publication à compte d’éditeur chez numeriklivre (ne cherchez pas pour le moment, il est prévu pour une sortie en fin du troisième trimestre 2016)

Deux manuscrits supplémentaires en cours et un nombre assez conséquents de nouvelles sur mon bureau, je pense arriver à me faire une idée un peu plus précise de mon boulot, de sa qualité et des méthodes qui marchent ou pas dans le domaine de l’écriture. Ces méthodes, encore une fois, ne sont que des trucs et astuces que j’applique et qui fonctionnent pour moi, je ne vous livre que mes reflexions personnelles et celles-ci n’engagent encore une fois que leur modeste auteur, à savoir : MOI.

Pour information, voici quelqu’un qui annonce également clairement la couleur, je ne suis donc pas le seul (je suis rassuré) à ne faire que suivre les conseils qui me conviennent. Cet article tout à fait rassurant et agréable à lire ne devrait pas vous échapper non plus.

Vous constaterez, si vous avez lu les articles précédents, que certains des conseils qu’elle ne suit pas me sont par contre à utiles à moi. Si vous ne l’avez pas lu, petit fripon (ça marche aussi pour les filles), je vous conseille d’aller voir par ici

Bref, je m’égare, vous êtes toujours là ? Parfait. Donc, votre manuscrit est terminé, il y a beaucoup (ou pas) de pages et vous en êtes très fier ? Super. Avez-vous fait des corrections pendant l’écriture ? Surement. Pensez-vous avoir corrigé toutes vos coquilles ? Peut-être. Pensez-vous avoir terminé votre travail, prêt pour l’envoi aux éditeurs qui tremblent d’impatience et d’allégresse à l’idée de tenir dans leurs mains fébriles votre manuscrit ? Tout dépend.

Venons-en au but. Maintenant il faut relire, une fois, deux fois, trois fois, plus ? Sûrement ! En tout cas, c’est comme ça que je fais. Bon, alors, ça c’est pour mes amis pas si copains que ça écologistes, avant de commencer le travail de relecture et correction, je fais imprimer deux jeux du manuscrit recto-verso (mais ça, c’est comme vous voulez) avec une police à empattement.

 je n’ai pas trouvé les fontes, mais le sheriff zozotte surement un peu.

Donc, moi, personnellement, j’utilise la police Courrier new, triple interligne, marges normales (2.5cm) ce qui permet d’écrire au-dessus, au-dessous, et sur les côtés. Donc j’entends bien les gens me jeter des cailloux, me dire, oui, mais moi je ne peux pas imprimer tout ça, etc. etc. en plus les arbres, t’es vilain, cruel, ouais, ouais, je sais. Bon, d’abord, je ne fais qu’expliquer ma méthode, ensuite j’imprime en recto-verso sur papier recyclé recyclable avec un imprimeur qui utilise une encore de soja du coup m’en fiche. Ensuite, mais ça ce sera le sujet d’un autre article. J’ai la chance de pouvoir travailler à côté, ça prend du temps, je n’écris et ne lis pas autant que je voudrais, mais au moins, ça paye les factures. J’ai déjà signalé que l’écriture ne nourrissait malheureusement pas tous leurs écrivains. Je persiste et je signe, je n’attends pas à signer un jour un à valoir permettant d’envisager de pouvoir écrire à plein temps. Peut-être qu’un jour prochain mon chèque viendra sur son beau cheval blanc, pour le moment, je me contente de rêver.

La correction donc je disais. Oui, elle a de nombreux buts et un avantage indéniable à mon sens (encore une fois, de tels propos n’engagent que leur auteur, je suis au courant) D’abord, la possibilité de lire au format papier le texte, parce que la lecture papier est très différente de la lecture sur écran. À ce jour, tout le monde s’accorde à dire que lire sur écran et lire sur papier c’est très différent, mais la relation à la lecture et ce qui change n’est pas encore tout à fait clair.

Deux articles qui traitent du sujet, pas les plus exhaustifs, mais au moins pas les plus véhéments non plus.

Article 1 en anglais (désolé)

Article 2 en français

Donc, lorsque vous relisez sur papier, les corrections sont différentes des corrections sur écran. De plus, je trouve pour ma part, que je déambule bien mieux avec un manuscrit en relisant mes phrases à voix haute qu’avec ma tour sur le dos, mon écran et mon clavier ainsi qu’une myriade de câbles à transporter… Oui, je relis mes phrases à voix haute, ça insupporte tout le monde mais je le fais. Je trouve que ça donne une meilleur idée de la dynamique de la phrase, et si je n’arrive pas à la prononcer jusqu’au bout sans reprendre ma respiration ça signifie surement que j’ai oublié de la ponctuation. Pareil si je n’y comprends plus rien. Donc, corrections sur la dynamique du texte. Corrections également sur la cohérence. Quand je travaille sur un manuscrit, j’essaie de lister, au fur et à mesure de la lecture, toutes les questions que pourrait se poser un lecteur lambda, et je cherche à quel endroit je trouve les réponses aux questions. Si j’ai des questions sans réponse à la fin de la lecture, je m’en pose de nouvelles. Cela nuit-il à la compréhension ? Cette question sans réponse ne va-t-elle pas nuire à la qualité générale de l’histoire ? Puis-je laisser l’imaginaire du lecteur répondre à cette question par lui-même ? Etc. Ceci jusqu’à que j’obtienne quelque chose de satisfaisant.

Passé cette phase de corrections, réécriture massive, je passe ensuite à la moulinette de la relecture par autrui. C’est-à-dire, un/e ou plusieurs alpha/béta/relecteurs. Cette phase délicate que vous pouvez parfaitement ignorer si vous n’avez pas envie de vous faire braire permet de tester son manuscrit sur une ou plusieurs personnes. Cette méthode à plusieurs avantages à mon sens, mais également des désavantages non négligeables. Commençons par les désavantages :

Ils prennent du temps les gens, ben mince, ils n’ont pourtant que ça à faire, lire mon manuscrit parfait. Il n’y a aucun besoin de corrections maintenant que je l’ai nettoyé et raffiné. Bon d’accord, ça prend du temps mais bon, soyons sérieux une minute, si quelqu’un à qui je confie un manuscrit de 800 pages me le rend deux jours après, je m’inquiète un peu.

Ensuite, heu. En fait non, il n’y a pas d’ensuite, du moins, j’ai beau chercher, je ne trouve pas.

Donc, passons aux avantages que je trouve à me faire relire par quelqu’un d’autre.

D’abord, j’ai l’avis de gens en qui j’ai parfaitement confiance et qui savent que je ne vais pas hurler et monter sur la table s’ils me disent : « Bah en fait, comment te dire, c’est de la crotte de bique, je n’ai pas pu dépasser la page 3 sur 800 ». Ça signifie simplement qu’il faut revoir complètement mon introduction. Au boulot mon Julot.

Ensuite, j’ai la possibilité de demander l’avis de passionnés sur un sujet, voire de spécialistes, si par exemple je demande une relecture d’un roman médiéval historique sur une époque particulière, je vais essayer de trouver des passionnés du sujet et/ou des spécialistes et d’en trouver l’un/e ou l’autre pour me lire mon manuscrit. Ces gens ne mordent pas, de plus, ils sont ravis que leurs avis soient sollicités pour traquer d’éventuelles incohérences. Personnellement j’aime bien leur demander leurs avis car ils ont toujours des suggestions de tourné de phrases ou d’éléments supplémentaires de description ou de vocabulaire que je n’ai pas par manque d’expérience et de recherches. Du coup, j’apprends énormément à leur contact.

Enfin, j’ai la chance d’avoir une épouse qui me soutient totalement dans mon projet d’écriture. Du coup, relectrice assidue, elle traque sans relâche d’éventuelles questions restées sans réponses, me harcèle sur la suite et sur l’avenir des personnages, me démontre les éventuelles horribles incohérences que j’aurais pu laisser passer sans faire attention (couleur de cheveu, vêtement, nom qui change, parfois même le sexe peut changer…)

Tout cela permet d’aller beaucoup, beaucoup plus loin dans les corrections pour obtenir un produit fini acceptable.

Évidemment, pour cela il vous faut un ou plusieurs béta-lecteurs assidus et surtout qui sont prêts à vous épauler avec toute la bienveillance nécessaire. Le travail de béta-lecteur est ingrat, difficile et parfois même très frustrant, mais il est nécessaire à mon sens afin de polir encore votre ouvrage, gommer d’éventuelles imperfections qui pourraient autrement nuire globalement à la qualité du récit.

Si vous cherchez des béta-lecteurs, je peux vous conseiller deux endroits tout à fait adéquats avec des gens bien sous tous rapports :

Le site de cocyclics (tremplins de l’imaginaire) et le site des jeunes écrivains (jeunes en temps d’écriture pas en âge quoi que parfois…)

Il y a d’autres communautés qui existent, mais ce sont les deux où j’ai trouvé le plus d’avis constructifs et critiques dans le sens positif du terme. Pour le reste, je ne connais pas trop.

En revanche, quelques signes d’alerte que vous devez cesser de travailler avec un béta-lecteur :

Le premier, qui est atroce pour l’auteur que je suis :

« C’est sympa ton roman, ça me rappelle un truc que j’ai écrit il y a un moment. Pourquoi ton héro il ne ferait pas ça plutôt que ça, et tu pourrais orienter l’intrigue comme ça plutôt que comme tu l’as amené… Là c’est bancal.

— Heu… C’est toi ou c’est moi qui ait écrit ce roman-ci ? Mon intrigue ne concerne que moi. Tu as le droit de souligner des passages faibles, inutiles, redondants, ou incohérents mais ne viens pas me dire comment je dois écrire mon livre… »

Le suivant est plus subtil :

Trois semaines/un mois après avoir confié le manuscrit :

« Ouah, j’ai adoré/détesté ton livre.

— Ha ? Je peux avoir plus de détails ?

— Bah voilà c’était bien/mauvais quoi…

— Mais je peux avoir des détails ? Les passages qui t’ont marqué ? Du contenu pour faire mes corrections ?

— Heu… »

Vous l’aurez deviné, aucun avenir dans la critique littéraire pour celui-ci.

Au final, un alpha/béta/relecteur doit savoir quelle est sa place tout en sachant qu’il/elle pourra tout dire à l’auteur sans que celui/celle-ci se vexe. Il s’agit d’un travail de confiance destiné à procéder aux dernières corrections avant publication. Le plus simple est encore de confier une mission particulière au lecteur. L’intrigue tient-elle la route ? Comment trouves-tu mes personnages ? Des choses que vous pouvez poser par écrit et qui serviront de fil conducteur à la lecture. Évidemment, si vous êtes en mesure de répondre à toutes ces questions par vous-même, vous n’avez pas besoin de quelqu’un qui relise votre ouvrage. Mais je trouve que plusieurs paires d’yeux valent beaucoup mieux qu’une seule, surtout s’il est trois heures du matin, que votre cafetière est en panne et que vous devez encore emmener vos enfants à l’école d’ici quelques petites heures.

En résumé, les corrections après avoir achevé le manuscrit ne sont pas une sinécure, c’est un travail ingrat, fastidieux et très chronophage. Personnellement, je mets autant de temps à écrire un manuscrit qu’à le corriger avec ou sans relecteurs. Mais ce travail est vital pour permettre à votre manuscrit d’avoir une chance de plaire aux yeux du lecteur. Si vos corrections sont douloureuses, c’est sûrement que votre égo d’auteur est encore un peu fragile. Personnellement, je grince toujours des dents à l’idée de devoir couper dans le texte ou reprendre complètement des chapitres bancals après avis de relecteurs/relectrices. Mais le rendu est souvent tellement meilleur. Les corrections nous apprennent l’humilité. C’est à mon sens la plus importante leçon que peut recevoir une personne qui se prétend écrivain.

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