Le Disjoncteur S02E05 : Futur conditionnel

Station libre de Sélène III, heure de bord 19 h 12
Une fois douché, soigné de ses quelques contusions et d’une vilaine entorse au genou droit, Akula rejoint Tayana dans la salle commune pour décider ensemble de la suite des opérations. Installés silencieusement dans la salle de repos du Disjoncteur, les deux comparses contemplent ensemble le boîtier sécurisé dans lequel repose l’implant du construct. L’excitation liée au retour triomphal du jeune homme a laissé la place à une ambiance méditative et même Eleanor a cessé de s’exprimer. Brisant la chape de plomb de plus en plus pesante, Akula se cale dans son fauteuil et observe son associée.
— Et maintenant ? Tu vas fixer ce truc pendant encore longtemps ou tu vas l’ouvrir et me dire ce que tu comptes en faire ?
Clignant des yeux, Mikado dévisage le jeune homme avec perplexité.
— Je ne sais pas…
Ses mains se dirigent avec tendresse vers le petit conteneur sécurisé, d’un mouvement du pouce, elle l’ouvre pour laisser apparaître l’implant retiré. Elle soupire avec lassitude.
— Dire qu’un truc aussi minuscule contient les émulations des engrammes de mon père. Nous en sommes si proches et pourtant, il est si loin.
— Je ne suis pas un super-crack en technologies d’implants ou d’informatique, mais, tu ne pourrais pas, je ne sais pas moi, le greffer à quelqu’un ? Genre Dante, ou toi ?
— Dante ? T’es glauque, Calg’, il est amoureux de ma mère depuis des années et tu voudrais que son esprit cohabite avec les souvenirs de mon père ? Plus sérieusement, les concepteurs de ce petit bijou se sont donné du mal pour empêcher toute utilisation subversive. Il s’agit d’un implant biocompatible d’une complexité jusqu’alors inconnue, ses paramètres montrent bien qu’il s’agit d’un chrome qui s’adapte à son premier porteur d’une façon si intime qu’il est impossible de le réimplanter sur quelqu’un d’autre. Regarde les schémas, j’ai procédé à une analyse préliminaire pendant que tu te changeais.
Elle tend une tablette de donnée à Calgarius qui s’en saisit pour essayer de comprendre les informations contenues. Elle reprend alors son exposé.
— Impossible de l’implanter sur quelqu’un dont les schémas synaptiques seraient différents. Et maintenant, il serait même impossible de le réimplanter sur ma mère.
— Pourquoi pas ?
— Déjà à cause de l’intolérance aux implants liés à la reconstruction, ensuite, parce que la restauration biologique ainsi que son expérience hors chrome et silicone vont automatiquement modifier les schémas neuraux, ce qui la rend incompatible de facto.
— Super. Et alors, on en fait quoi ? On l’installe sur l’ordinateur de bord pour jouer à SC 300 ? Je prends les terraniens, il n’aura qu’à gérer les grezs… J’en ai marre de voir gagner Eleanor.
— Premièrement, ton humour est moisi, deuxièmement, aucune chance que tu gagnes contre mon père, c’est quand même lui, le créateur d’Eleanor. Et, non, nous ne pourrons pas le déployer sur l’ordinateur de bord du Disjoncteur, l’implant est conçu comme une capsule invasive.
— C’est-à-dire ?
— C’est-à-dire qu’une fois intégré, ses fichiers et ses mémoires se déploient de façon invasive dans le cerveau de l’hôte afin d’utiliser le maximum de disponibilité processeur pour fonctionner. Un esprit humain est capable de gérer ça avec des traitements chimiques destinés à limiter les effets des troubles psychiatriques engendrés tels que la personnalité multiple par exemple, mais sur un ordinateur ? Rien à faire, l’un prendra le pas sur l’autre, du coup, Eleanor, ou Overwatch, sera irrémédiablement effacé. Qui plus est, nous prendrions le risque de dégrader définitivement le fichier survivant. Non, inacceptable. Nous n’avons pas pris tous ces risques pour en arriver là.
— Alors on le range sagement dans la boîte et on le met sous scellés avant de trouver une solution.
— J’y ai pas mal réfléchi et nous ne pouvons pas faire ça non plus.
— Pourquoi pas ?
— Parce que les tissus bio-organiques de l’implant ont commencé à se dégrader dès le moment où il a été extrait, pendant mes analyses préliminaires, j’ai appliqué un gel de stase dessus afin de lui conserver ses propriétés, mais ce ne peut être que temporaire. J’estime que si nous n’avons pas trouvé une solution de conservation adéquate dans les deux semaines, tout ce que nous avons fait pour le récupérer n’aura servi à rien.
— Génial, voilà une excellente nouvelle. Des suggestions ?
— Aucune, il va me falloir un peu plus de temps pour trouver une solution plus permanente.
La voix d’Eleanor retentit soudain.
— Si je peux me permettre, un gel bio cérébral artificiel permettrait une conservation totale de l’implant, en plus de fournir un schéma neural compatible et adaptable.
— Eleanor, si un tel miracle existait, je le saurais, non ?
— Mikado, je me dois de vous informer que mes recherches montrent que la secte de la Grande Machine a développé un gel dont les spécificités techniques correspondraient aux caractéristiques exigées. Son usage était prévu pour être tout autre, mais le projet a été abandonné quand ils se sont rendu compte que celui-ci ne leur permettait pas d’interfacer correctement et de manière permanente un système nerveux central naturel.
— Une minute les filles, on parle d’un machin conçu pour préserver les tissus de manière à ce qu’ils soient toujours en vie ?
— Oui, Akula, c’est parfaitement ça. Eleanor, pourrais-tu développer ton propos ?
— La secte de la Grande Machine a pour mission sacrée de prolonger la vie et d’inciter les chantres du transhumanisme à dépasser les concepts de vie et de mort à travers l’utilisation de tous les moyens possibles, la condition sine qua non étant que la personnalité du candidat soit conservée dans son intégralité. Il y a quelques années, ils ont développé un gel ayant les facultés de préserver les tissus vivants quelle que soit leur situation dans une sorte de stase permettant au candidat à l’immortalité de continuer à penser, ils ont donc transplanté plusieurs systèmes nerveux centraux dans ce gel, mais les résultats ont été en dessous de leurs attentes. D’après les données disponibles dans leurs bases de données publiques, si leur bio gel répond aux caractéristiques de conservation permanente des tissus et permet une intégration totale, humain/machine, l’esprit humain semble trop faible pour permettre un contrôle complet d’une machine, du fait de l’interfaçage compliqué et de la complexité des échanges et réponses émotionnelles.
Akula agite la tête un instant avant d’interrompre l’exposé de l’ordinateur.
— Attend une minute, Eleanor, refroidit les tuyères. Tu veux dire qu’on met le cerveau d’un pauvre gars dans une sorte de bain nourricier, puis on le branche sur une machine et la vie est belle ?
— Prosaïquement résumé, oui. Mais les avantages d’un tel processus restent encore à démontrer pour la totalité de l’humanité.
Tayana bondit littéralement de son fauteuil, pointant un doigt impérieux vers son associé au regard mal assuré.
— Akula ! Il nous faut ce gel et il nous le faut vite. Eleanor, où peut-on s’en procurer ?
— Je regrette, aucune information n’est disponible sur ce sujet, il semble que la base de recherche de la secte ayant développé ce matériel soit tombée sous blocus corporatiste afin d’éviter la diffusion d’un tel objet.
— Et au marché noir ?
— Aucune trace d’une quelconque transaction pour un objet correspondant aux descriptions et aux spécificités préconisées.
Akula soupire un instant
— Bon, d’accord, Eleanor et toi, vous préparez le vaisseau au départ, j’ai quelques petites choses à vérifier, nous allons jeter un œil à cette station, mais les réparations vont devoir attendre.
— Je me dois de vous informer que les équipes techniques ont déjà commencé et procèdent actuellement à la remise en état de la totalité du bloc-moteur, à cet effet, toutes les sources de puissance du vaisseau ont été désactivées. Nous sommes branchés au réseau de puissance de l’astroport pour notre approvisionnement énergétique.
— Donc, nous sommes coincés ici le temps qu’ils terminent. Eleanor, estimation du temps nécessaire pour procéder aux réparations ?
— D’après l’ordinateur central du service de maintenance, il est prévu un travail total de 1 800 heures pour vingt personnes.
— Soit, si je calcule bien, 90 heures par personnes, ce qui nous fait un départ, au plus tôt dans un peu moins d’une semaine si on compte les changements de personnels et les rotations. Ce qui nous laissera à peine plus d’une semaine pour nous procurer ce miracle de technologie, c’est ça ?
Tayana hoche la tête d’un air sombre en acquiesçant. Calgarius claque des mains.
— Parfait, ça me laisse un peu de temps.
Mikado l’observe un moment.
— Pour faire quoi ?
Akula la dévisage d’un air carnassier.
— Mais pour nous amuser, pardi ! Il est grand temps de faire un peu la fête et de nous détendre. Laisse-moi faire, je vais nous organiser un truc qui nous permettra de relâcher la pression.
— Akula, si votre propos est biologique, sachez que je possède une fonction me permettant de me mettre spontanément en veille pendant cinq minutes et que pendant ce délai, aucun journal de bord n’enregistrera les conversations, ni les événements qui se dérouleront à bord, je peux si vous le désirez…
— Eleanor, il faut vraiment que l’on revoie ton sens du propos, je ne parle pas de ce que tu sous-entends, je parle juste de nous détendre un peu. De faire la fête, bref, de voir autre chose que les parois du Disjoncteur. En plus, franchement cinq minutes, tu es vexante…
— Pourtant, toutes les données médicales indiquent que ce genre d’activité…
La voix de Tayana claque comme un fouet.
— Eleanor, cesse immédiatement, tu peux proposer, mais argumenter dans ce sens n’arrangera rien ni personne.
— Il est de mon devoir de veiller à la bonne santé physique et mentale de l’équipement organique, il est prouvé que…
— Eleanor, ne m’oblige pas à te désactiver manuellement.
Le silence qui répond à cette dernière menace semble indiquer qu’elle a fait mouche. Elle se retourne vers Akula.
— Tu n’envisageais pas sérieusement que nous puissions suivre les bons conseils de ce tas de circuits intégrés concupiscent, j’espère.
Rougissant jusqu’à la racine de ses cheveux, le pilote toussote pour s’éclaircir la gorge, légèrement mal à l’aise.
— Non, du tout. Absolument pas ! Ses suggestions étaient parfaitement inconvenantes, ça ne me serait même pas venu à l’idée. Je proposais plutôt de manger à l’extérieur, puis de trouver un bar et une salle de jeux virtuels ou un cinéma, ce genre de choses.
— Parfait, ça me va, est-ce que nous y allons ?
— Oui, bien sûr, j’ai deux trois choses à faire avant d’y aller, nous pourrions nous retrouver plus tard sur le pont-promenade, dans trois heures éventuellement ?
— Tu as besoin de faire quoi ?
— Ho, rien, il faut que je change de wrister, que je vérifie les primes en cours et que je m’assure que notre coup d’éclat n’a pas attiré l’attention sur nous.
— D’accord, je vais en profiter pour assister les équipes techniques, il serait préférable que je puisse m’assurer qu’ils ne font pas n’importe quoi au niveau de la connectique interne.
— Parfait, allons-y donc.
Akula se lève avant de quitter précipitamment le bord, les oreilles rouges comme un gyrophare d’alarme incendie.
Quelques heures plus tard, les deux associés se retrouvent comme convenu sur le pont-promenade, un fin sourire mystérieux flotte sur les lèvres du jeune homme tandis que sa comparse l’observe en silence avec un air réprobateur.
— Tu es allé voir quelqu’un ?
— Moi ? Oui, j’en ai vu plusieurs même.
— J’espère que ça t’a détendu un peu.
— Pas vraiment, mais je pense réussir à nous rapprocher de ce fameux gel qu’il te faut, enfin, tant que nous parlons d’une quantité raisonnable.
— Je te demande pardon ?
— Ben oui, est-ce que deux ou trois litres suffiront ?
— Je suppose que oui, l’implant est minuscule. Tu as fait quoi ?
— Un magicien ne révèle jamais ses secrets, viens, je t’invite à dîner, nous pourrons parler de la reprogrammation d’Eleanor et de trouver un moyen de la dissuader de poursuivre ces sous-entendus malsains.
— Et pour le reste ?
— Pardon ?
— Oui, ton nouveau wrister, les primes, ce genre de choses que tu as déclaré vouloir régler avant notre départ.
— Ha, oui, j’ai fait livrer le colis directement au Disjoncteur, j’ai pris un modèle de base en attendant d’avoir les moyens de m’offrir un truc plus sérieux. Quant aux primes, il y en a quelques-unes d’intéressantes, je vais te montrer, ça nous fera gagner quelques crédits et en plus, cela ne devrait pas nous faire un trop grand détour.
— Bonne nouvelle et la clinique ?
— Rien vu sur les réseaux publics, les informations parlent d’une explosion de conduite suite à une erreur d’entretien.
— Ces mécaniciens ne savent vraiment pas raccorder un tuyau correctement.
Les deux complices échangent un sourire carnassier.
— Oui, vraiment, du grand n’importe quoi, tout le monde sait qu’il vaut mieux éviter d’utiliser un chalumeau à proximité d’une fuite de gaz explosif. Je te jure, Tayana, ce monde est complètement fou.
Quelques heures plus tard, après un copieux repas agrémenté d’une généreuse dose d’alcool, les deux associés se retrouvent attablés dans un bar du spatioport. Noyés au milieu des effluves divers et variés, des conversations tapageuses et du hurlement de la musique électronique, ils profitent d’une intimité relative pour discuter de leur avenir loin des capteurs indiscrets d’Eleanor.
— Mon père, enfin, le construct, me disait que la puce d’informations fournie par Dante était cryptée et que le wrister de Scarlet est indispensable pour la déverrouiller.
— Génial et que proposes-tu ? Tu as des pistes pour la retrouver ?
— Overwatch suggérait de retrouver son vaisseau et d’examiner les journaux de bord.
— Super, je peux te garantir qu’on n’y trouvera rien.
— Et pourquoi, Monsieur le pilote ?
— Parce que c’est un chasseur pirate et que ses journaux de vol sont effacés avant et après chaque sortie pour éviter qu’un petit malin de chasseur de prime n’obtienne des infos vitales. Madame la copilote.
— D’accord, alors on laisse tomber l’hirondelle ?
— Non… Pas du tout, il nous la faut.
— Mais qu’est-ce que tu racontes, puisque…
— Je suis pas encore bourré, écoute, si tu veux les journaux de bord, il faudra les chercher là où on peut les obtenir…
— Tu veux dire que… Non, t’es complètement rond, mon gars, pas question d’aller me fiche dans un nid de serpents pareil.
— Faudra bien, puis faudra faire des efforts sur la tenue, parce que des jolies filles comme toi, les pirates, ils aiment bien…
— Ils aiment bien quoi ?
— Bah regarder, je veux dire, tu sauras détourner leur attention, facile avec une carrosserie pareille…
— Et pourquoi ce serait pas toi qui ferais la distraction…
— Parce que je suis un homme moi, tu sais, les mecs ils me regardent pas pareil que toi…
— Peut-être, mais j’suis convaincue que si tu pointes ton joli cul par là-bas, j’aurais tout le temps que je veux pour fouiner…
— Et pourquoi ça ? Madame je sais tout ?
— Parce qu’ils seront très occupés à te faire des trous dedans, Monsieur l’acrobate de l’espace.
— Tu sais quoi ?
— Nan, mais je suppose que tu vas me le dire…
— C’est pas un bon plan, Ela… Eléna… Notre tas de circuit là, elle va fondre un processeur si on lui explique…
Mikado sourit entre deux gorgées de grog dénébien
— Suffit de pas lui dire…
— J’aimerais bien savoir comment tu vas faire…
— J’ai ma petite idée… Tu sais, son truc d’intimité là…
— Ouais, mais je trouve que cinq minutes, c’est court…
— Prétentieux, tu aurais besoin de plus de temps ?
— Bah, pour piloter, un peu oui… Mais bon, on peut faire ça en cinq minutes s’il faut vraiment, juste ça va être tendu. Donc y a pas le choix, faut aller là-bas…
— Ouais !
— Et casser du pirate !
— Ouais !
— Et foutre le Rhodium en rogne !
— Ouais !
— Mes vieux vont pas être jouasses…
— Ouais !
— Non, mais plus sérieusement, ça va être sacrément risqué, tu te sens prête pour un truc pareil ?
— Ouais !
— Tu veux un autre grog dénébien ?
— Ouais !
— Et tu veux essayer cette histoire de mode intimité avant que…
— Je t’ai vu venir, laisse tomber…
— Je demandais juste, pour m’assurer…
— T’inquiète, je sais, t’es bourré et puis de toute façon, il te faut plus que cinq minutes…
Son sourire narquois est masqué par la tasse en acier qui monte à la rencontre de ses lèvres tandis que son regard pétrifie le jeune homme.
— Ouais, au moins plus que ça, parce que le temps de…
Le wrister d’Akula se met soudain à luire et un visage inconnu de son associée apparaît. D’un mouvement bref, il active les canaux audio et prend la communication. L’échange est court et Tayana n’arrive pas à saisir grand-chose du sens de la conversation. Mais lorsqu’il coupe la ligne, il la gratifie d’un regard fourbe.
— Tu aimes aller à la pêche ?
— Aller où ?
— Une expression, ça consiste à mettre un appât au bout d’une ligne et quand la cible mord à l’hameçon, il ne te reste plus qu’à la remonter…
— Tu veux que quelqu’un morde dans un hameçon ? Quel débile ferait un truc pareil ?
— L’idée c’est de le cacher dans une grosse part de gâteau…
— Ça doit faire mal…
— Tayana, c’est une expression, c’est comme si…
— Ouais, j’ai compris le sens général, tu veux mettre un gâteau quelque part dans l’idée d’attraper quelqu’un…
— Ou quelque chose… Tu as des convictions religieuses ?
— Rien de bien sérieux.
— Donc, le tronc des pauvres, tout ce genre de gags, les grandes machines, si on les égratigne un peu, ce n’est pas grave ?
— Tant que tu ne fais que les égratigner…
— Parfait, alors il est l’heure de dormir, il va falloir se reposer et puis en attendant que les réparations de la cafetière soient terminées, bah, on va refaire des simulations de combat…
— Pourquoi ?
— Parce qu’on est des chasseurs de prime et puis va falloir se mettre à jour sur le maniement des armes et le corps à corps aussi…
— Si c’est une blague, elle est pas drôle…
— J’ai l’air de blaguer ? Allez vient, poulette, allons dormir… Ce grog dénébien, c’était vraiment pas une bonne idée.
— J’arrive, pervborg, hou là, ça tangue…
— C’est bon signe, c’est qu’on n’est pas encore trop ivres pour rentrer…
— Eleanor va pas être contente…
— Tu sais quoi, Mikado, hé ben je m’en fiche…
Prenant tant bien que mal le chemin du Disjoncteur, les deux jeunes gens se soutiennent mutuellement, leur alcoolémie frisant dangereusement les limites tolérées à bord d’un vaisseau de ligne…

Copyright © 2017 Lysere. All Rights Reserved.