Le Disjoncteur S02E07 : Le nid de l’Hirondelle

12 h 28 standard, M7, Système de Ptolémée, Spatioport orbital indépendant de Tarascus.
Fondu dans la masse grouillante et anonyme, le duo s’approche de l’échoppe de Lothar, avançant incognito, il regrette brièvement de ne pas s’être annoncé et anticipe d’éventuelles difficultés. Hésitant un instant, Akula examine la devanture de la Balle perdue, malgré son apparence sinistre. L’endroit à l’air peu fréquenté et la foule dense ne semble pas vraiment faire attention aux parois de plastacier et aux formes menaçantes qui reposent silencieusement dans leurs berceaux de titane. Il observe Tayana à la dérobée, elle a bien changé depuis la première fois qu’ils ont franchi ce seuil. Son air résolu, ses yeux couleur olivine et sa coupe stricte rendent les traits de son visage bien plus durs qu’ils ne sont en réalité. Le poids de l’arme de poing qui repose dans le holster accroché à sa ceinture le rassure un peu, qui sait comment son oncle va le recevoir après la mésaventure avec les hommes de son père ? D’un mouvement de menton, il indique la porte à Mikado qui acquiesce silencieusement. Dès l’instant où ils entreront, leur signalement sera transmis aux forces de sécurité, la procédure standard. Mieux vaut éviter tout raffut afin de ne pas attirer une attention inopportune ou de se retrouver avec une prime sur la tête. Il examine une dernière fois son Wrister, le clignotement discret du canal de communication d’Eleanor lui assure qu’elle n’en perdra pas une miette. Tant mieux. D’un haussement d’épaules, il chasse son anxiété et se compose un visage mortellement sérieux avant de franchir le seuil.
— Bienvenue à la… Calgarius ! Mademoiselle ! Cela faisait un moment que je me demandais quand vous passeriez voir le vieil homme fatigué que je suis. Laissez-moi un instant, je termine une transaction à l’arrière puis je suis à vous.
— Parfait ! Nous en profitons pour jeter un œil, nous venons faire quelques emplettes avant un petit tour de voltige.
— Tout est pour le mieux alors, à tout de suite.
Lothar s’éclipse rapidement dans l’arrière-boutique tandis que les deux jeunes font le tour des modèles exposés. Ils ont à peine le temps d’examiner trois caisses qu’un groupe fortement armé surgit de la porte arrière, une poignée de main furtive, un signe de reconnaissance discret et les voilà partis. Méfiant, Akula note mentalement le tatouage de poignet de la compagnie de mercenaires, un faucon s’abattant toutes serres dehors vers sa proie sur fond planétaire… Il se gratte nerveusement le coude, mais ces nouveaux venus ne semblent même pas lui accorder une seconde d’attention. Lothar s’approche du couple à visage découvert, il arbore un sourire commercial en plastacier.
— Voilà, nous sommes tranquilles, j’ai verrouillé la porte, quelque chose vous plaît par ici ?
— On peut dire que tu as du choix, oui, j’ai vu là-bas un perceur de Titan, si tu peux nous en mettre trois avec leurs supports de soute, il nous faut également un nouvel arsenal de bord et des munitions spéciales pour canons Manticore AW305 à accélération magnétique. Je suis persuadé que tu as du stock quelque part.
Il hausse un sourcil interrogateur.
— Vous prévoyez de braquer une forteresse spatiale ?
— Pas exactement, mais ça pourrait être utile de compter sur quelques moyens de pression.
— Venez avec moi, j’ai peut-être quelque chose qui vous intéressera. Pour la transaction, vous compter régler comment ?
Akula garde le silence tandis que Tayana active son wrister.
— Eleanor ?
— Mikado, je vous informe que nous disposons d’un avoir disponible de huit cent mille crédits normalisés et d’une ligne de crédit subsidiaire ouverte au nom du Disjoncteur auprès de la guilde des chasseurs de prime de sept cent mille unités supplémentaires. Dans le cas où cela ne serait pas suffisant, la confrérie de soutien des mercenaires dont nous dépendons pour cette affectation a transféré le disponible du Gobi suite à notre enregistrement. Le montant cumulé des avoirs mobilisables s’élève à douze millions d’unités standards.
Lothar ne peut s’empêcher de pousser un sifflement admiratif.
— Je suppose donc que vous voulez le top du top ?
— Pas exactement, nous voulons mieux que le haut du panier.
Un immense sourire illumine son visage.
— Il suffisait de demander, j’ai justement un arrivage de matériel parfait pour vous. Venez donc avec moi.
Il pousse les deux jeunes gens vers la porte menant à l’arrière et la verrouille après son passage. Le hangar qui s’étend au-delà de l’aire de présentation est plongé dans la pénombre laissant deviner de nombreuses formes menaçantes ainsi qu’une grande quantité de caisses sécurisées et de conteneurs protégés. Alors que les deux chasseurs de prime observent les environs, un cliquetis retentit derrière eux. D’un mouvement quasiment synchrone, ils dégainent et pivotent. Lothar leur fait face et braque le canon d’une arme imposante dans la direction d’Akula.
— Je peux savoir à quoi tu joues ? On est là pour affaires ! Nous ne cherchons pas les ennuis !
— Calg’, je t’avais prévenu. Vous m’avez désobéi en parfaite connaissance de cause. Le fait que vous ayez de tels avoirs disponibles me prouve une chose. Impossible de faire confiance au fils d’un pirate.
— Pourquoi donc ? Qu’est-ce que j’ai fait ?
— Je t’avais dit de rester loin de Tolède ! Maintenant elle est, soit morte, soit sous les verrous.
Son visage est rouge d’indignation.
— Je vous ai fait confiance ! Vous disiez vouloir vous battre pour une cause juste ! Bravo ! Bel exemple !
Akula et Mikado s’observent une seconde avant de rengainer leurs armes sous l’œil furieux de Lothar. Elle lève les mains dans un signe d’apaisement.
— Lothar, je souhaiterais que notre conversation soit totalement privée, j’aimerais vous donner quelques détails, mais je ne sais pas si je peux vous faire confiance. Vous semblez attacher beaucoup d’importance à Tolède et il a fallu agir rapidement.
Sans baisser son arme, il désigne une caisse basse et leur fait signe de s’asseoir avant d’exhiber un petit dispositif de brouillage.
— Vous disposez de soixante secondes, si je ne suis pas convaincu, je vous abats et je jette vos cadavres par le sas au fond de ce hangar. Si vous me mentez, je le saurai.
— Je suis désolée, nous n’aurions jamais dû vous mentir, je vais tâcher de faire vite, ma mère, Tolède, était mourante, ses implants devenaient problématiques, je la traquais depuis trop longtemps pour me faire arrêter si proche du but. Nous l’avons découverte il n’y a pas longtemps et avons organisé un plan afin de la faire passer pour morte. Tout le monde était gagnant dans l’affaire, nous touchions la prime et les assurances, je pouvais la faire opérer anonymement et plus personne ne se lançait à sa recherche.
— Ito Orbitals ?
— Ouais, un sacré foutoir.
— Les infos ont fait le tour du réseau public, vous êtes des héros et vous avez fait un sacré bond dans le classement annuel des chasseurs de prime, pourquoi devrais-je vous croire ?
— Parce que c’est ma mère. Parce qu’elle nous a confié une mission et que nous devons l’accomplir à sa place.
— Vous vous moquez de moi. Elle ne vous aurait sûrement pas confié une telle responsabilité comme ça.
— Tu sais quelque chose à ce sujet ?
— Du calme, fiston, chaque chose en son temps, comment je peux vous croire ?
— Eleanor ?
— Mikado ?
— Pourrais-tu certifier à ce monsieur la véracité de mes propos ?
— Comme Mikado vous l’a indiqué, je peux certifier les données communiquées par mon associée.
— Et mon brouilleur ? Comment ? C’est toujours l’ordinateur d’origine ? Vous l’avez… Vous ne l’avez pas remplacée ?
La voix synthétique d’Eleanor reprend, Akula note une certaine forme de froideur, serait-ce une pointe d’agacement ?
— Votre brouilleur couvre un spectre de fréquences qu’il est facile d’outrepasser, de plus, mon lien avec les wristers de mes deux associés utilise une bande de fréquences très peu usitées pour les communications. Rassurez-vous, l’intimité de notre conversation est préservée, je tiens à noter que je ne suis pas un…
Mikado interrompt rapidement la tirade de l’IA vexée.
— Merci de ces précisions, Eleanor, tes compétences sont toujours aussi appréciées. Reprenons où nous en étions, Lothar.
Le canon de l’arme s’abaisse graduellement tandis que Lothar s’assied lourdement sur une caisse en face des deux pilotes. Il passe une main dans son épaisse toison faciale en proie à un évident conflit intérieur tandis qu’Akula reprend en tentant de pousser leur avantage.
— Non, mon oncle, cela ne nous a pas semblé juste, elle nous a sauvé la vie à plusieurs reprises et est un membre à part entière de notre association. Et puis, j’ai fini par m’y attacher.
— Et Tolède vous a chargés de terminer sa tâche ?
— Oui, exactement.
— Et là, vous venez me demander du matériel de guerre de qualité supérieure pour une partie de chasse discrète ?
— Tout est lié, mais en gros c’est ça.
— Celle-là, il va falloir me l’expliquer en détail, c’est non négociable.
Akula soupire et échange un regard avec Mikado. Un peu en retrait, celle-ci observe le brouilleur en action et hausse les épaules.
— Voilà, Nous avons donc sauvé la mère de Tayana grâce au vaisseau que tu nous as si généreusement offert, il va d’ailleurs falloir que nous causions un peu du côté désintéressé de la chose, tu voulais t’en débarrasser non ?
Lothar les observe et arbore un sourire contrit.
— Changer l’ordinateur de bord pour un client plus porté sur les activités louches m’aurait coûté une fortune, pense un peu à tous les kilomètres de circuits à supprimer et remplacer, sans compter que pour trouver un modèle compatible, bonjour l’angoisse. Je me suis dit que cette magnifique voix dont l’ancien propriétaire fait des cauchemars encore aujourd’hui, vous maintiendrait sur le droit chemin.
La voix synthétique d’Eleanor, audiblement vexée, retentit soudain.
— Je préfère ne pas commenter ces assertions calomnieuses…
Akula interrompt la tirade et reprend rapidement.
— Ouais. Ben tu parles d’un cadeau. Bref, nous en avons tiré parti et notre association s’avère pour le moins fructueuse, je te passe les détails, nous en avons profité pour sauver Tolède qui nous a confié une mission dont nous ignorons tout et dont les informations complètes sont inscrites sur une puce de données cryptées. Le gag, c’est que Tolède travaillait avec Grand-mère…
— Oui, je sais, c’est moi qui les ai mis en contact il y a des années de cela, quand le commandant cherchait des agents non officiels fiables.
— Tu savais ça ? Et tu ne m’en as jamais parlé ?
— Tu n’as jamais demandé…
— Elle est facile celle-là.
Il hausse les épaules d’un air las.
— Nous n’avons pas eu l’occasion d’aborder ce point, ni d’autres d’ailleurs pendant toutes ces années. Tu ne m’as contacté par message intersystème que pour me demander si j’avais des nouvelles de Scarlet, je t’ai dit la vérité, je n’avais aucune.
— Et actuellement ?
— Non, rien, le silence total.
— D’accord, Je t’explique la suite, la puce est codée afin que la seule personne en mesure d’activer ses données soit Scarlet elle-même, bon, avec son tact légendaire, Eleanor nous a informés qu’elle estime que son wrister suffira. Personnellement, je préférerais la trouver en vie et en bonne santé. Du coup, j’ai besoin de récupérer l’Hirondelle des enfers.
Lothar se relève, comme piqué par une guêpe.
— Impossible ! Les hommes de ton père l’ont récupérée quand ils sont partis, j’ai eu un mal fou à les calmer et à leur assurer que je ne ferais rien contre eux.
— Et c’était vrai ?
— Ben attaché comme je l’étais, ça aurait été difficile pour moi, mais je leur ai laissé une petite surprise qu’ils ne sont pas près d’oublier.
— Pardon ?
— Vous voulez l’Hirondelle ? Parfait. J’ai, comme pour tous les navires qui passent entre mes mains, installé un petit mouchard discret qu’ils trouveront très facilement, par contre, il leur sera beaucoup plus difficile de découvrir le fluctuateur de puissance dans le champ de propulsion des moteurs. Aucune déperdition d’énergie, mais un message qui s’entend clair comme de l’eau de roche à une distance de huit unités astronomiques sur une fréquence unique et impossible à falsifier.
— Ce qui signifie…
— Que je sais où s’est enterré ton père pour procéder aux réparations du Rhodium.
— Tu vas nous aider ?
— Pourquoi vous faut-il l’Hirondelle ?
— Pour son ordinateur de bord, il est le seul à pouvoir décrypter automatiquement et rapidement les journaux de vols précédents. Piller l’ordinateur du Rhodium et tout décrypter nous prendrait une éternité, même avec la précieuse assistance d’Eleanor. Du coup, l’idée c’est de s’introduire à bord, de télécharger les données cryptées dans l’ordinateur central du Rhodium, de les balancer dans la console de vol du chasseur de Scarlet puis de repartir avec les données lisibles, ni vu ni connu, je t’embrouille.
— Et pour ça, il te faut ?
— Tout ce que nous t’avons demandé avant.
— Et vous, deux jeunes têtes brûlées, pensez que ça suffira ?
— Il faudra bien. De toute façon, nous n’avons pas vraiment le choix, si ?
— Calg’, il faut que tu comprennes que je respecte tes choix, d’autant plus que tu as décidé de tourner le dos à la piraterie et à ta famille d’origine, ce qui n’est pas rien et cette décision te pèsera toute ta vie. Mais, attaquer de front un port libre pour t’introduire sur le Rhodium ? Tu te fous de moi ? Même avec le vaisseau et l’armement dont vous disposerez, vous ne serez pas de taille. Je regrette de vous dire ça comme ça, mais vous courez droit au suicide. En plus, vu comment vous vous êtes débrouillés sur Ito Orbitals, votre signalement a été diffusé à travers la moitié de ce côté de la galaxie, minimum. Si vous vous approchez du port libre, vous serez cueillis aussi sec, comme des fruits prêts à tomber. Vous ne pouvez pas faire ça, je ne peux pas vous laisser faire ça.
— Tu as une meilleure idée peut-être ? Une suggestion ?
— Et bien, neveu de peu de foi, justement, oui. Vois-tu, l’endroit où ils sont réfugiés commande régulièrement d’importantes cargaisons de pièces détachées de qualité diverse. Il s’avère que justement, j’ai affrété, sur un navire en partance, un espace de chargement un peu trop grand. Moyennant quelques crédits, vous pourriez y cacher le Disjoncteur sans trop de difficultés.
— Je vous demande pardon ?
— Oui, jeune fille, j’ai commencé à dénicher des trucs à droite et à gauche quand j’avais ton âge, mon passage remarqué au sein des FSF m’a appris un paquet de choses et maintenant que je suis à nouveau libre d’agir comme je l’entends, j’ai beaucoup plus de marge de manœuvre. Sans compter un imposant réseau de contacts. Donc, oui, j’ai un conteneur à moitié vide sur un transporteur de classe titan pour des pièces détachées de maintenance standard. Ce qui signifie que le port libre de Kobolus n’aura pas besoin d’ouvrir le conteneur avant un peu de temps, je dirais six ou huit semaines au moins. Par conséquent, vous pourriez y planquer votre vaisseau pendant quelques jours, approcher discrètement du Rhodium, accomplir votre plan complètement dément puis repartir avant que quiconque ait pu réagir. C’est tout de même mieux que de déclencher toutes les alarmes du secteur et de vous faire accueillir par une brassée de canons braqués sur vous.
— Tayana, tu en penses quoi ?
— L’idée n’est pas mauvaise, il suffirait que nous puissions nous faire passer pour des matelots du transporteur et l’affaire serait déjà bien engagée. Eleanor ?
— Les chances de succès de cette opération seraient nettement améliorées dans l’hypothèse où l’approche du Disjoncteur serait masquée et votre entrée dans la station, plus discrète. Je ne peux qu’être d’accord avec ce choix d’approche. J’encourage à ce que les négociations de tarification commencent le plus vite possible.
— Il va également vous falloir de l’équipement spécifique pour cette mission. Certes, l’armement c’est bien, mais qu’en est-il de vos scaphandres et de vos combinaisons ? Sans compter qu’il s’avère que j’ai quelques petits gadgets en réserve qui pourraient vous être fort utiles.
— Je suppose que tout à un prix.
— Finalement, tu piges vite, mon neveu. Bon, venez par ici, que je vous montre un peu ce dont je dispose pour mes clients spéciaux.
***
Quelques heures plus tard, à bord du Disjoncteur. Akula et Mikado se retrouvent dans le mess autour d’une boisson chaude.
— Alors ? Tu en penses quoi ?
— Je trouve que ça s’est mieux passé que prévu. Regarde, ton oncle nous aide, il nous a même fourni les coordonnées du Rhodium. Il ne nous reste plus qu’à nous faire embaucher sur le Minotaure avant son départ. Tu comptes la tenter comment ?
— Sur ce genre de vaisseaux, ils sont toujours à la recherche de mécaniciens en dernière minute, l’état d’entretien de ces mastodontes laisse souvent à désirer, surtout si le capitaine est un indépendant. Le prix d’achat neuf n’est pas si élevé au regard de la taille du monstre, mais l’entretien, c’est une autre paire de manches. Il n’y a guère que les grandes corporations qui peuvent se permettre de payer le coût complet de la maintenance. J’espère simplement que ce n’est pas une de ces poubelles spatiales qui tiennent par je ne sais quel miracle de pacotille… Eleanor ? Qu’est-ce que tu peux trouver au sujet de ce navire ?
— Le Minotaure est un transporteur de classe Titan construit en 86 A.G. cédé à son propriétaire actuel en 102 A.G. Il totalise à son actif plus de sept millions d’unités astronomiques de parcours, trois incidents techniques majeurs ont été déclarés au cours du semestre précédent, ils ont nécessité une immobilisation et d’importantes réparations couvertes par le consortium de résolutions d’Ares Corporation dans le cadre des contrats de protection assurés aux prestataires secondaires.
— Ouais, donc, en gros un vaisseau relativement fiable et robuste, parfait, qu’en est-il de ses escortes ?
— Le Capitaine Goberto est réputé pour être un homme prudent qui préfère limiter ses gains, mais assurer la sécurité de ses cargaisons. Il a recruté plusieurs pilotes à temps plein dans le cadre de l’escorte du transporteur.
— D’accord, donc, si je résume, nous devrions pouvoir faire le voyage en sécurité relative.
— Akula, vos termes, bien que statistiquement erronés, sont proches de la réalité. Votre voyage sous une identité falsifiée devrait être plutôt calme. Avez-vous déjà choisi les rôles que vous jouerez ?
— Alors, Tayana se fera passer pour ce qu’elle est, une excellente mécanicienne qui veut se balader entre les étoiles. Pour ma part j’hésite mais je pense proposer mes compétences de navigateur. Et enfin, pour toi, le meilleur des rôles, tu seras un tas de ferraille inerte destiné à la fonte. Qu’en penses-tu ?
— Je crains que mon rôle manque quelque peu d’interactivité.
— Tout à fait, tu devras rester calme et silencieuse comme un boulon explosif, prête à bondir sur commande. Tayana, sais-tu quand mon oncle procédera à la livraison du matériel commandé ?
— Tout devrait se faire dans la semaine, nous avons rendez-vous ce soir avec le premier assistant du Capitaine Goberto, à nous de lui faire forte impression. Une fois que notre passage sera assuré, nous ferons le nécessaire pour arrimer le Disjoncteur dans le conteneur de ton oncle.
— Bien ! Il semble que nous ayons un plan qui tienne la route. Et pour une fois, il n’implique pas dès le départ que nous puissions nous faire tirer dessus.
Tayana sourit à la remarque de Calgarius.
— Je suis certaine que ça va te manquer.

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