Le Disjoncteur S02E11 : La traversée du désert

00 h 52 standard, Système solaire, Vaisseau précurseur Obéron.

Calgarius ouvre péniblement les yeux dans les ténèbres et le silence sépulcral qui règne à bord de l’épave. Tentant sans succès de se relever avec précaution, il avise son équipière assise contre une paroi. Un bref coup d’œil circulaire lui indique que le navire est échoué sur le flanc.

— Calg, tu vas bien ?

L’interpellé lève laborieusement un bras pour l’agiter dans sa direction.

— Ouais, génial, je suis en pleine forme. Mais impossible de me relever.

— La gravité de la planète et ton exosquelette ne sont pas compatibles je suppose, nos modules d’assistances sont déconnectés. Je pense que l’impact a été trop brutal pour les connectiques.

— Super, laisse-moi deux minutes, le temps de me déharnacher. D’autres infos ? Toi, ça va ?

Les petites détonations feutrées des boulons explosifs sont ponctuées par le tintement métallique des pièces de l’exocombinaison chutant au sol. Émergeant du tas de débris, Akula tente à nouveau de se relever en grognant sous l’effort.

— Je vais bien, enfin, je crois. On s’est écrasés, mais ça, tu le sais. Je pense que nous avons dû attirer l’attention de tous les archéologues de ce côté-ci du globe. Il va falloir sortir de là rapidement si nous voulons éviter les questions indiscrètes.

— Je suppose qu’il n’y a aucune chance qu’une épave de l’antiquum émergeant du non-espace à proximité de la Terre avant de s’écraser puisse complètement passer inaperçu ?

— Honnêtement, sauf s’ils sont tous complètement miro, non, aucune.

Se traînant difficilement à quatre pattes vers son associée, il s’affale à ses côtés avec un soupir de soulagement.

— Est-ce que ton wrister fonctionne ? Le mien a dû prendre un sacré choc, je n’arrive à rien.

— Oui, il fonctionne à peu près, mais je l’ai déconnecté du réseau pour éviter de nous faire tracer ou identifier.

— Impeccable. Combien de temps ?

— J’ai repris connaissance il y a dix minutes environ, je tente encore de savoir si j’ai simplement des bleus ou quelque chose de plus grave.

— Et ton module médical ?

— Hors service, avec Eleanor qui a modifié les éléments, de toute façon, les réserves de molécules sont quasiment vides.

— Oui, mais tu pourrais toujours diagnostiquer tes fonctions vitales.

— Non, comme j’ai mis nos wrister hors réseaux, nous n’avons plus accès aux bases de données médicales. La bonne nouvelle c’est que le champ d’amortissement a quand même correctement fonctionné, je n’ai pas repéré de brèches dans nos combinaisons.

— Voilà enfin une nouvelle rassurante.

— Oui. Par contre, On va avoir du mal à embarquer nos exosquelettes, ça va laisser des traces.

— S’ils n’ont pas accès à nos wristers, ils ne peuvent pas les identifier.

— Pas tout de suite, mais tôt ou tard, un petit malin va se préoccuper des numéros de série et remonter jusqu’à nous.

— Pas faux. Mais d’ici-là, nous serons loin et personne ne saura quand ils ont été abandonnés.

— Si nous avons réussi à filer d’ici avant qu’ils arrivent. Tu vas arriver à te lever ? Fais gaffe, avec la gravité, c’est moins facile qu’il n’y paraît.

— Oui, merci, je vais y arriver, il me faut juste un temps d’adaptation. Ce n’est pas une maudite planète qui va me clouer au sol.

Grommelant sous l’effort inhabituel, le jeune homme parvient à se lever en s’appuyant à la paroi défoncée.

— C’est aussi ce que j’ai dit avant de me raviser, fait gaffe au vertige. Ce serait quand même nul que tu te vautres lamentablement et que tu te blesses bêtement alors qu’on a réussi à survivre au crash en un seul morceau.

— De toute façon, nous n’avons pas le choix. Je me trompe ?

— Non, mon vieux, nous n’avons pas le choix. Allez, viens, on doit sortir de là.

— Pour aller où ? Eleanor ne peut pas venir nous chercher, l’environnement est hostile, l’atmosphère totalement empoisonnée. Nos wristers sont hors réseaux et nous n’avons aucune idée de notre position actuelle.

— Nous avons toujours les données de télémétrie avant l’impact, je sais à peu près, à plus ou moins deux kilomètres où nous sommes tombés, ce qui, tu l’admettras, est un sacré exploit étant donné les circonstances. De plus, je te rappelle que j’ai chargé les cartes de la zone que Scarlet cherchait. D’après les données dont je dispose, il y en a pour à peine quelques jours de marche.

— Génial, voilà une bonne nouvelle. Mais ?

— Nous n’avons que deux jours de rations, l’eau ce n’est pas un problème, le système de recyclage de nos combinaisons suffira, mais la nourriture… et bien sûr, pour couronner le tout, nous n’avons aucune certitude quant à la position réelle de Scarlet, nous ne savons même pas si elle est toujours ici ni même si elle y est arrivée.

— Encourageant. Reste à espérer que Scarlet est bien là où nous supposons qu’elle est, sinon, je ne donne pas cher de nos peaux.

— De toute façon, nous n’avons plus rien à perdre à ce stade. Si on se fait prendre par les archéologues, on se fera accuser de contrebande d’artefact et mettre aux fers sans autres formes de procès.

— Une perspective déplaisante, en effet.

— Calg ?

— Oui ?

— Tu étais sérieux ?

— À quel sujet ?

— Ce que tu m’as dit juste avant l’impact.

— Ha, ça. Bah, si je nie tout en bloc, tu me croiras ?

— Non.

— Alors oui, j’étais sincère et sérieux.

— Pourquoi ne pas m’en avoir parlé plus tôt ?

— Parce que je suis un type qui n’aime pas s’épancher sur ses sentiments, je te rappelle que nous sommes associés, tu imagines, si tu m’envoies balader ? Bonjour l’ambiance à bord.

— Parce que tu penses que j’aurais pu t’envoyer paître ?

— Tu as aussi ton mot à dire sur la question, je ne suis pas facile à supporter et… Je te demande pardon ? Tu peux répéter là ?

— Te supporter toi et ton caractère à la gomme, là n’est pas la question, nous aurions pu en parler bien avant et oui, je ne t’aurais pas repoussé.

— …

— Akula ? Tu ne vas pas me faire un malaise quand même ?

— …

— Akula ?

— Là, maintenant, je me sens juste très bête.

— Tu as déjà fait pire. Dommage qu’on soit obligés de garder nos casques.

— Ouais, on n’est pas doués, hein ?

— Non, je crois que non. Bon, au lieu de laisser un silence gênant s’installer, on pourrait se bouger rapidement ? Je n’ai pas envie de répondre à des questions indiscrètes, surtout avec des cadavres d’Ares Corp à bord.

— Oui, allons-y. Nous devrions nous être suffisamment adaptés à la gravité planétaire maintenant pour pouvoir marcher doucement.

Les deux naufragés quittent non sans difficulté l’épave déformée de l’Obéron par l’un de ses flancs béant. Saisis d’effroi en contemplant le spectacle qui les accueille, ils ne peuvent s’empêcher de se serrer l’un contre l’autre. Dans les cieux de ce qui fut un jour le berceau de l’humanité, d’épais nuages noirs se déchirent sur un fond de ciel fuligineux et maladif. Chargés d’électricité statique, ils s’illuminent périodiquement libérant les violents émissaires d’une ire divine éblouissante de fureur labourant le sol déchiqueté à intervalles irréguliers. L’atmosphère est embrumée et empoussiérée par un vent puissant abrasant sans pitié la croûte terrestre torturée. Même en sachant pertinemment à quoi s’attendre, rien ne les avait préparés au choc émotionnel ressenti en posant le pied à la surface de leur monde d’origine. Difficile d’imaginer que la Terre ait pu un jour être le paradis décrit dans les livres d’histoire. Plusieurs alertes environnementales résonnent aux oreilles des jeunes gens, l’atmosphère est saturée de radiations, de dioxyde de carbone ainsi que d’éléments lourds, sans compter cette poussière noire omniprésente qui réduit leur champ de vision à quelques centaines de mètres. Dans le lointain, ils devinent un paysage torturé, cratères aux parois vitrifiées, falaises aux rebords déchiquetés, une végétation inexistante. Trois à quatre jours de marche en direction du nord, une vraie partie de plaisir. Ils consultent leurs appareils de mesures intégrés, les conditions climatiques sont totalement aberrantes. Hésitant un instant, Calgarius observe sa compagne, à travers sa visière polarisée, ses traits sont difficiles à cerner, mais la détermination qui se lit sur son visage raffermit son courage. Vérifiant le chargeur de son arme de poing, il s’avance d’un pas ferme, mais prudent.

* * *

Épuisé et tendu à l’extrême par l’angoisse et le manque de sommeil, Calgarius s’accroupit derrière le rocher aux formes acérées pour couvrir l’avance prudente de Tayana vers le bas de la colline. L’œil aux aguets, il scrute avec concentration les ouvertures béantes des ruines éventrées. Le sang cogne à ses tempes dans un battement sourd continu. Sa compagne s’arrête à une cinquantaine de mètres, à l’abri d’un fragment de mur qui tient debout par il ne sait quel miracle. Sortant de son abri, il parcourt la distance, penché en deux, au pas de course pour la rejoindre et s’arrêter dans une glissade qui soulève brièvement un nuage de poussière aussitôt balayé par une bourrasque.

— Alors ?

— On doit être à l’endroit indiqué, enfin, je suppose, tu vois le bâtiment en ruine à cinq cents mètres ? Protégé par les trois murailles d’enceinte ?

Observant le bâtiment dans le lointain à travers ses jumelles, il soupire, espérant toucher au but de leur périple.

— Ouais, je ne vois que lui.

— D’après les infos, ce que nous cherchons est en dessous. Profondément enterré.

— Pourquoi ? Je ne comprends vraiment pas, s’ils voulaient pouvoir envoyer et recevoir des signaux, pourquoi enterrer leur central de commandement ?

— Aucune idée, peut-être est-ce en rapport avec la guerre solaire, peut-être le climat avait-il déjà été irrémédiablement ravagé.

Levant la tête au-dessus du muret, Tayana examine les alentours du complexe abandonné.

— Je distingue trois, peut-être quatre restes de paraboles, il devait y avoir des antennes réparties sur tout le territoire. Tu te rends compte qu’on arpente la voie qu’ont empruntée nos ancêtres pour s’élancer vers les étoiles ?

Calgarius dévisage sa compagne avec un air abasourdi tandis qu’elle le gratifie d’un sourire las.

— Honnêtement, là, je m’en fiche. J’ai faim, je suis épuisé, je me sens sale, mon scaphandre est percé depuis deux jours et je passe mon temps à colmater cette fichue brèche.

— Je sais, tu crois que je ne le suis pas ?

— Je ne sais plus ce que je dois croire, Tayana, franchement, nous faire attaquer par des bestioles… Rouille et radiations, il n’y a pas un bosquet, pas une plante, mais des animaux carnivores, ça, il y a. Tu as vu la taille de ces saletés ?

— Pas la peine de me rappeler cette rencontre, sincèrement, je préférerais l’oublier.

— Pas moi, tu vois, des saloperies vicieuses et malignes, capables de faire des bonds de plusieurs mètres avec des griffes comme ça une peau écailleuse solide comme pas deux et des crocs qui peuvent percer une armure de pilote, honnêtement, moi je m’en passe, mais hors de question de l’oublier.

— Au moins on a évité les rats et les autres saloperies des souterrains.

— Ouais, ben déjà ceux-là, c’est de trop.

— Ferme-la et baisse-toi. Trois dribblewbaks à deux cents mètres, ils viennent dans notre direction.

— Génial, il te reste combien de munitions ?

— À peine vingt tirs, toi ?

— Pas mieux, il doit me rester une dizaine de cartouches.

— Super, il ne faut surtout pas nous laisser encercler ici. On bouge.

— Calg, ils vont nous voir.

— Peut-être, mais je préfère faire face à trois sales bêtes enragées plutôt que de leur laisser le temps de rameuter leurs potes.

— Ouais, vu comme ça, ton argument se tient.

— Je vais sortir à découvert et courir jusqu’au pilier là-bas, je ferais un peu de bruit pour les intriguer, dès que tu es certaine de pouvoir les aligner, tu n’hésites pas. Chaque cartouche doit compter.

— Comme si je ne le savais pas. Pourquoi c’est toi qui fais le leurre ?

— Parce que je suis le type suicidaire, tu sais le pirate sans foi ni loi…

— Tu parles, je parie que tu aimes ça.

— Ferme-la et vise.

— Bonne chance.

— Merci.

Le pilote inspire un grand coup avant de bondir de leur cachette pour courir vers le pilier indiqué. Lorsqu’il y arrive, il s’accroupit aussitôt puis coule un regard dans la direction présumée des trois créatures. La route sur laquelle ils se déplaçaient reste désespérément vide. Poussant un juron il se retourne vers la cachette de Tayana quand un hurlement inhumain s’élève dans le ciel tourmenté. Les trois dribblewbaks ont contourné leur position et s’approchent maintenant de la cachette de la jeune femme.

— Tu voulais les leurrer pour une fois, tu vas être servie. Évidemment, avec ces décharges électrostatiques, impossible de la prévenir.

Calmant sa respiration, il ajuste sa visée sur la créature de tête qui renouvelle son appel monstrueux. Impossible que Tayana ne les ait pas entendus. Ni leurs potes d’ailleurs. Par les novæ, cette situation va dégénérer très rapidement. Alors que l’assistance au tir ciblé prend le relais et ajuste la trajectoire du canon pour compenser les effets du mauvais temps, un grondement guttural résonne derrière lui. La détonation retentit dans le vent et l’assaillant de tête est soudain fauché alors qu’il s’apprête à sauter sur sa compagne. Une seconde déflagration se fait entendre quand elle ouvre à son tour le feu sur les abominables créatures. Se retournant avec toute la vivacité dont il est capable, il a à peine le temps de lever le bras pour se protéger le visage quand les mâchoires du rabatteur claquent sur l’acier. Une douleur cuisante lui traverse l’avant-bras alors qu’il fourre le canon de son arme dans la gueule de la bête avant d’appuyer sur la gâchette. La créature s’effondre dans une gerbe de sang tandis que des alarmes apparaissent dans la visière d’Akula. Ignorant la douleur, il plaque son dos contre le pilier alors que Mikado surgit de son refuge temporaire pour galoper comme le vent dans sa direction. La respiration sifflante, le jeune homme ignore les alertes environnementales pour lever son arme et viser la créature qui jaillit à la suite de la jeune femme et s’apprête à bondir dans son dos.

— À terre !

Tayana se jette au sol dans une roulade impeccable alors que la balle fuse pour s’enfoncer dans le flanc de la bête affamée. Celle-ci redirige son attention sur Calgarius qui lui tire une nouvelle cartouche, l’envoyant s’effondrer dans un gargouillis sanglant. Son associée se relève et poursuit sa course jusqu’à lui alors qu’il scrute les environs à la recherche d’autres mouvements suspects. Sa vision se brouille soudain et la tête se met à lui tourner. Il s’effondre doucement au sol alors que la jeune femme arrive à sa hauteur. Sans hésiter un instant, elle active sa torche à fusion pour colmater la brèche du scaphandre de son ami. Quelques instants plus tard, la vision d’Akula revient à la normale alors que ses systèmes environnementaux purgent l’atmosphère toxique de l’intérieur de sa combinaison. Le bras ballant, il la gratifie d’un sourire affaibli.

— Comment tu te sens ?

— J’ai connu mieux. Contente d’avoir servi de leurre cette fois ?

— Honnêtement, la prochaine fois je te laisserai faire tes conneries et je fermerais ma grande gueule.

— Tu as fait un superbe leurre, tu sais.

— Ouais, et toi, je suppose que tu es en train de perdre ton sang dans un scaphandre de plus en plus troué.

— Enfonce les sas ouverts, vas-y, je t’en prie.

— Il te faut des soins rapidement.

— Je peux encore tenir quelque temps.

— Et te servir de ton bras ?

— Bon, ça, faut reconnaître que tu peux oublier.

— Super. Nos deux modules de soins sont vides. Je vais réessayer de contacter Eleanor.

— Laisse tomber, dans cette tempête, nos signaux sont trop faibles pour passer, il faudrait qu’on atteigne un amplificateur puissant.

— Hors de question. On n’a pas fait tout ce chemin pour rien. Regarde, on est plus qu’à quatre cents mètres de notre destination. Je suis certaine qu’on va y arriver. Puis on tombera sur Scarlet qui sera tellement contente de nous voir qu’elle te soignera avec joie.

— Tu parles, elle va surtout proposer de m’achever. Je suis désolé de t’avoir embarqué là-dedans.

— Hé ! N’inverse pas les rôles, veux-tu ? C’est ma mère qui nous a refourgués sa mission moisie, tu te rappelles ? L’avenir de la galaxie et toutes ces conneries destinées à nous culpabiliser s’il nous était venu l’idée saugrenue de refuser.

— Ouais, je sais. Tu vois quelque chose ?

— Rien du tout, mes capteurs de mouvement sont tous muets.

— Parfait, aide-moi à me relever, on y va avant que l’odeur des cadavres n’attire d’autres saloperies encore plus vicelardes.

— Tes désirs sont des ordres.

— Avec moins de sarcasmes et plus de sollicitudes, ce serait presque crédible.

— Tu m’apprécierais moins.

— C’est certain.

Quittant leur abri et cessant de parler pour garder leurs forces, le duo s’avance vers l’imposant complexe fortifié protégé par plusieurs murs d’enceinte à moitié effondrés. Le sol est couvert de débris épars, restes d’une civilisation foudroyée par un cataclysme d’une ampleur inégalée. Tayana, inquiète, aide son compagnon à parcourir les derniers mètres en le soutenant. Son bras pendant inerte sur le côté, il conserve son arme dégainée de l’autre main, prêt à réagir en cas de nouvelle attaque. Un hurlement au loin derrière eux les fait hâter leur course dans ce paysage apocalyptique. Le vent redouble d’intensité, les faisant trébucher à chaque pas et leur imposant un effort supplémentaire pour réussir à avancer. Passant le dernier mur d’enceinte, le mieux conservé, ils approchent enfin de leur objectif, un bâtiment bas au plafond plat surmonté de reliefs d’antennes en état d’oxydation très avancé. Les mâchoires grandes ouvertes de l’imposante porte d’entrée semblent les attendre comme quelqu’effroyable créature affamée attendant que ses proies sans méfiance s’avancent pour les engloutir. Réprimant un frisson commun d’appréhension, Akula et Mikado allument leurs torches électriques pour s’enfoncer dans les profondeurs des ruines. Certains indices les rassurent, la porte semble avoir été forcée relativement récemment et plusieurs débris de bâtons éclairants jonchent le sol du couloir qui s’ouvre devant eux. L’examen rapide des pièces d’équipement abandonnées et des traces dans l’épaisse poussière de béton laisse deviner le passage fréquent d’une seule personne relativement chargée dont le matériel ne semble pas correspondre à une des sociétés d’archéologie traditionnelles. Au choix, soit c’est un contrebandier d’artefact, soit ils ont sonné à la bonne adresse. D’un pas résolu, ils s’avancent dans les ténèbres, déterminés à faire la lumière sur le sort de Scarlet et à trouver un refuge sûr où se soigner après quatre jours de marche dans un enfer dantesque.

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