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Écriture, conseils et astuces, les qualités nécessaires.

Quelles sont les qualité requises pour envisager de se lancer dans un projet d’écriture ? La question peut se poser à juste titre. Une discussion intéressante avec une autre écrivain s’est tenue au courant du mois de novembre 2015, d’accord, la conversation date un peu, mais, il m’a fallu un peu de temps pour y réfléchir et pour essayer de mieux comprendre le sens de cette conversation. Laissons-moi quelques instants pour remettre mes idées en place.

Je m’explique : lorsque l’on discute avec des écrivains, ou des non écrivains, deux idées peuvent se dégager, il y a celle de celui qui idéalise le métier d’écrivain, le bon état d’esprit, au bon moment, dans le bon contexte avec le bon outil, le bon café, la bonne heure, bref, le gus qui est persuadé qu’il écrit des choses tellement merveilleuses que personne d’autre ne les comprend et qui doit réussir à pondre trois mots tous les tremblements de terre de magnitude 1.11 dont l’épicentre est localisé à Aurillac un mardi le 29 février sur les coups de 11h11 parce que c’est l’heure de l’invasion des huns et qu’il écrit un roman historique dont les répercussions seront titanesques. Bref, finalement, l’écrivain qui idéalise son écriture, tient, je l’ai pas déjà écrit plus haut ça ?

Aurillac, c'est joli et je n'ai personnellement rien contre.

A côté de ça, il est possible de côtoyer d’autres individus qui vont écrire trois manuscrits par mois, balancer tout ça sur le net parce que :

« Tu pige pas ? Chui trop fort et les éditeurs et tout le système, ils sont trop overjaloux de moi, alors ils veulent pas me publier et donc moi j’suis libre, je publie sur le net et vive le partage »

Bon, je grossis les traits, je veux bien laisser quelques fautes d’orthographe, mais faut pas non plus pousser mémé dans les orties. Donc, nous avons, deux extrêmes que tout oppose et pour qui il est vital de prendre parti sous peine de se voir lapider sur la place publique juste parce que vous avez décidé d’être neutre dans ce domaine. Si vous croyez à ces deux versions… Je suis désolé de vous le dire, mais tout est faux. Il est peut-être imaginable qu’il puisse y avoir quelques personnes par-ci par-là pour bien correspondre aux descriptifs, mais ils sont peu nombreux, et sincèrement, sans vouloir risquer une éventuelle généralisation supplémentaire (houlà, faut que j’arrête avec les généralisations) ils ne publieront jamais, l’un parce qu’il ne sera jamais satisfait, l’autre parce qu’il va toujours trop vite.

Si quelque chose peut vraiment se dégager de ces deux extrêmes, une position commune ou ces deux types d’écriture se rejoignent, c’est qu’il faut à leur auteur certaines qualités qui les font trouver un terrain d’entente commun. C’est un grand mot, mais au moins ils se rejoignent sur certaines positions.

Bien, maintenant que ce postulat est posé, il convient de nuancer un peu. Ces deux type d’extrêmes sont rarissimes, pour ma part, je n’en ai jamais rencontré, merci Moi. Si une chose doit être retenue lors du processus d’écriture, du moins, c’est ce que mon expérience m’a prouvé que chacun écrit à son rythme, selon sa méthode et selon ses envies. La certitude qui me vient lorsque je fini une séance d’écriture, c’est qu’elle n’a jamais été inutile. Même une page blanche n’est pas inutile, c’est frustrant, désespérant, désagréable, j’en parlerais plus tard de la page blanche, c’est vraiment un truc surprenant, un peu façon monochrome de Whiteman, personne n’y pige rien et pourtant, ça arrive.

un faux monochrome de whiteman

Donc, comme je disais, l’important est de trouver son rythme, son équilibre et ses petits rituels. Pareil, les rituels, je reviendrais dessus, il y a plein de choses à dire et non, je n’expliquerais rien à propos de poules, de cimetières et d’invocations impies encore que, je peux m’arranger pour pondre un truc dessus, voilà, j’ai parlé de poule, mais je n’ai pas vraiment abordé mon écriture.

En ce qui me concerne, j’écris quand j’en ai envie, parfois c’est plus un besoin qu’une envie, mais bon, c’est un détail, ça peut être le soir après une grosse journée de boulot, ça peut être en pleine journée de boulot (bon, dans ce cas, je vais faire une pause, griffonner un truc pour ne pas perdre l’idée et je retourne bosser, il y a des limites…) pendant la nuit, bref, ça peut me prendre à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, et si après m’être réveillé en sursaut à trois heures du matin, avoir gribouillé trois mots sur un calepin, je retourne me coucher, je serais quand même satisfait.

Pour celles et ceux qui ne sont pas encore partis en courant, oui, je te vois, toi qui t’accroche à ton écran, dont les pensées se bousculent, toi qui te dit :

« Je tiendrais jusqu’au bout, je suivrais ton raisonnement malade et je tenterais de comprendre le sens de ton message… »

Je reprends donc, pour celles et ceux qui suivent encore. Il n’y a aucune règle définie. L’écriture, comme tout processus créatif, participe d’une alchimie étrange entre une volonté et une paire de mains (parfois une seule main, parfois des pieds et si vraiment l’auteur n’a pas de chance, juste un pied…) Cette alchimie se travaille à force d’expériences, de répétitions, de tentatives, vous devinerez donc qu’il faut quoi ?

Allez… De la ?

Persévérance !

Oui, terrible ça, non, l’écrivain n’est pas touché par la grâce, éventuellement par les doigts gras de ses enfants qui viennent de manger une pleine poignée de carreaux de chocolats illégaux à dix heures du soir et qui souhaitent savoir s’ils ont le droit d’avoir repeint les murs, mais pour ce qui est de la grâce, non point. Alors évidemment, il peut arriver de se sentir inspiré, ça aide, si si je vous assure, ça aide vraiment beaucoup. Mais, la plupart du temps il faut travailler, comme à l’école, comme au boulot, sauf que votre patron, ou votre enseignant ce coup-ci, c’est vous-même.

Vous serez le seul à être en mesure de vous mettre un bon coup de pied au derrière ou de vous dire, non, pas ce soir chéri/e j’ai la migraine.

Je récapitule, écrire peu ou beaucoup, c’est un faux problème. Écrire régulièrement et sans abandonner, c’est là le secret.

Pour ma part, j’essaie de m’astreindre à écrire entre quatre mille et dix mille mots par semaine, c’est beaucoup et parfois j’écris du vide, l’objectif n’est pas atteint tout le temps, mais au moins ça me donne un objectif d’écriture qui n’est pas si aberrant pour moi et que je sais être en mesure d’accomplir régulièrement. Inutile d’être trop gourmand, si je n’arrive pas à tenir l’objectif pendant plusieurs périodes c’est qu’il y a un problème, genre, les fêtes de fin d’année, dans ce genre de moment, je suis plus préoccupé par mon estomac qui souffre que d’écrire…

Vos textes peuvent être mal perçus, oui, ils peuvent aussi être niais, mauvais, ou géniaux, ce n’est pas là le sujet, le sujet c’est d’écrire régulièrement pour ne pas être bloqué, ne pas perdre un éventuel élan

dans tout les cas c'est un bel élan

L’élan, il s’attrape avec la régularité, je m’astreins à au moins trois séquences d’écriture par semaine, une fois lancé, il faut garder le rythme et là, étrangement, les projets avancent. Le problème c’est bien sûr de faire attention à son équilibre de vie (j’en parlerai ailleur).

Donc, vous avez votre élan, vous êtes lancé sur un projet, c’est génial, maintenant que vous avez vos petits rituels… Non, rangez ce couteau sacrificiel, je parlerai des miens une autre fois, mais n’insistez pas, de toute façon, ce n’est pas la pleine lune… Ce qui importe c’est que vous trouviez les trucs et astuce qui vous conviennent, je peux toujours vous parler des miens, mais c’est votre création, votre créativité et votre style d’écriture. Vous venez d’écrire dix mots et vous êtes fier comme un paon qui vient de réussir sa première roue devant un public ébahi, sauf que vous êtes un paon à moitié chauve de la queue arrière et que votre roue n’impressionne personne parce que, il y a des tas de raisons pour lesquelles un paon peut perdre des plumes, la calvitie précoce par exemple… Non je n’y connais rien en paon, ni en volaille d’ailleurs, bref, l’accueil de votre chef d’œuvre est mitigé, voire froid dans votre entourage. Nous en revenons à la persévérance. Il est vital que vous persévériez, ne vous laissez pas décourager, éventuellement acceptez les remarques, prenez des notes si on vous propose des commentaires, hochez la tête avec un air attentif, puis, envoyez les tous balader. Bon, je grossis le trait, vous pouvez tout à fait écouter l’avis de vos lecteurs, c’est d’ailleurs assez intéressant, mais surtout, par pitié, ne vous reniez pas pour faire plaisir à quelques jolis minois ou pour qui que ce soit d’ailleurs ; l’acte créatif implique des partis pris, des décisions parfois difficiles et douloureuses. L’histoire est pleine d’artistes qui n’ont pas été compris de leur vivants, ils sont morts misérablement et maintenant le public les porte aux nues et crie au génie.

Au contraire, si vous écrivez seul dans votre coin, sans faire rien lire à personne de votre travail, c’est un choix, il faut l’assumer jusqu’au bout, mais il faut aussi comprendre qu’entre celui ou celle qui montre son travail à tout le monde à tout bout de champs, au risque d’assommer sont public et celui ou celle qui ne montre jamais rien à personne et qui n’assume pas son côté créatif, il y a un juste milieu. Encore une fois, c’est à vous de le trouver. L’idéal est de trouver quelques personnes de confiance qui liront, puisque l’on parle d’écriture, sans a priori négatif ou positif et dont les mots, parfois dérangeants, parfois enthousiastes et parfois cruels ne sont en aucun cas des reproches mais plutôt des pistes d’amélioration et d’encouragement. C’est difficile et incertain, s’entourer des bonnes personnes prend du temps, mais nul n’est parfait.

Dans mon cas, j’ai la chance d’avoir une personne qui lit chacun de mes textes, me corrige ou me conseille, sans méchanceté aucune, elle va simplement me dire les choses sans prendre de pincette, sans hypocrisie ni lâcheté. Un passage est obscur ? Une tournure de phrase maladroite ? L’importance c’est de savoir reconnaître que d’autres peuvent également avoir de bonnes idées, les idées on en parlera plus tard il y a des tas de sources d’inspiration, je vous donnerais les mienne dans un autre article, là, nous parlons bien sûr d’humilité. Et il n’est pas nécessaire d’avoir une centaine de lecteurs au risque de se noyer, une personne qui nous comprend, c’est amplement suffisant.

Bien, récapitulons, en bonne hygiène d’écriture, nous trouvons :

La personnalité, la régularité, la persévérance, l’entourage et l’humilité. Je pourrais rajouter encore des tas de choses au sujet des qualités nécessaires à l’écriture, mais au final, ce qui est important : c’est vous.

Vous pouvez avoir envie d’écrire au sujet de ce que vous voulez, mais si vous n’y mettez pas du votre, il ne se passera rien, j’entends dire et affirmer par-là que si vous pensez qu’il suffit de coucher trois mots sur le papier pour vous considérer comme un écrivain, vous pouvez retourner vous rhabiller tout de suite. Il va falloir donner de votre personne, que dis-je de votre âme. Vous êtes acharné, un bourreau de travail, vous savez vous montrer humble, accepter les remarques comme elles viennent, vous arrivez à avoir un rythme régulier, il vous faut encore une chose. Celle qui fera que vous êtes ou pas celui que vous prétendez être. De la passion. Oui. Le mot est peut-être un peu faible, mais il faut que lorsque vous écrivez, vous y apportiez de votre flamme. Pour filer la métaphore satanique, votre écriture est l’essence qui va prendre feu dans les yeux du lecteur grâce à l’étincelle de son imagination. D’accord, le lecteur fait beaucoup, bon deux tiers du travail dans ce cas-là, mais c’est vous qui apportez le combustible, et sans essence, rien ne se fait. Pour nourrir cette passion, il faut que vous soyez en mesure de lire et d’écrire. Si vous ne faites qu’écrire en pensant que tous les autres sont mauvais, vous arriverez droit dans le mur et quelqu’un va un jour vous dire, tiens, j’ai déjà lu ça il y a longtemps… Si vous ne faites que lire, et bien, vous n’avez peut-être pas tant envie d’écrire que ça.

À bon entendeur.

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