< id="et-core-unified-cached-inline-s">.et_pb_image_1 { text-align: center; } .et_pb_image_0 { text-align: center; }
Partenariat de lecture Séma Editions

Avis de lecteur – Il sera une fois…

Chers amis et lecteurs, je viens de terminer une nouvelle lecture dans le cadre de mon partenariat avec Séma Éditions, il s’agit d’un recueil de nouvelles SF au style particulier dont j’ai pu déguster avec plaisir les nuances celles-ci ont pour point commun de nous dépeindre des idées et des visions d’un futur différent de ce que nous pourrions communément imaginer. L’auteur nous entraîne dans des questionnements étonnants qu’il me tarde de développer. je vous convie donc à me suivre dans ce nouvel avis de lecteur. Comme d’habitude, surtout pour un recueil de nouvelles, je ne dévoilerais rien de l’intrigue ni des histoires abordées, tout juste les thèmes et une rapide analyse. Le titre : Il sera une fois… avec le lien vers la page du livre sur le site de l’éditeur L’auteur : Southeast Jones, sa page sur le site de l’éditeur L’éditeur : Séma Éditions, leur site internet et leur page Facebook Thèmes abordés : Le futur, la conscience, l’autre Le résumé sur le site de l’éditeur :

« Il sera une fois » vous invite à rêver demain : de l’humain au surhumain, de notre insignifiante petite planète aux confins de l’univers et au-delà, Southeast Jones vous convie à découvrir ses visions d’avenir au travers de quinze contes étranges, drôles ou inquiétants.
Ces histoires hors du commun vous fourniront nombre de réflexions sur les futurs possibles imaginés par l’auteur : quelle serait votre réaction si vous appreniez qu’il y a bien une vie après la mort ? Qui est ce Père Noël un peu bizarre que l’on voit le 24 décembre sur Carabistouille IV ? Quelles pourraient être les conséquences de la victoire des mutants contre le genre humain ? Quelles traces garde-t-on quand on a été avalé par un ogre ? Que faire si, pour sauver la Terre, il fallait détruire l’Humanité ?
S’inspirant du « Golden Age of science-fiction », l’auteur vous ouvre grand les portes de ses univers.
Me voilà plongé dans quinze récits aux accents de SF bien ancrés comme je les aime, un goût des anciens avec des textes réfléchis qui vous transmettent un message et vous poussent à vous poser des questions.
Cette lecture m’a renvoyé aux grands maîtres de mon enfance : Dick, Azimov, Bradbury, Mézières et Chrinstin, Marvano et Haldeman , Frederic Brown ou encore Joe Haldeman (d’accord, il est nommé deux fois, c’est normal) je ne cite que ceux dont j’arrive à me rappeler sans avoir à faire une recherche il y en a bien d’autres qui devraient être mis à l’honneur. Ces auteurs de l’imaginaire SF ont bercé mon enfance et façonné mon imaginaire visuel, auditif ou mes mots.
Avec ces nouvelles qui fleurent bon la remise en question et les règles contournées, j’ai découvert une plume tourmentée dont le questionnement permanent n’apporte pas de réponse toute faite, une incertitude qui peut certes déranger, mais qui a le mérite de ne pas nous apporter les réponses aux questions qu’il pose.
J’ai donc beaucoup apprécié, vous vous en doutez peut-être, cette lecture rapide pour l’œil bien que l’esprit reste occupé un petit moment après. Par la voie de l’avenir lointain, notre possible futur pas si lointain est abordé et remis en question lui aussi. Notre mentalité, notre façon de voir, notre propre absurdité…
Les nouvelles sont donc au nombre de quinze, allons-y pour un petit tour d’horizon.
  1. Barbares !
    Le recueil s’ouvre de façon grandiose en me replongeant dans les auteurs SF qui jouent de nos illusions et de nos propres préjugés. Cette nouvelle dont la chute m’a rappelé une autre nouvelle publiée en 1954 de F. Brown nous remet un peu à notre place. Tout est une question de point de vue.
  2. Contrat
    Plongeant immédiatement d’une chute vertigineuse à une autre forme d’abysses, le contrat est une nouvelle acide qui joue sur nos peurs les plus profondes et sur ce simple adage devenu si récurrent actuellement, si c’est gratuit, vous êtes le produit. Je ne veux strictement rien dévoiler, mais cette nouvelle, si elle traite de la thématique classique du : à force de souhaiter quelque chose il y a un risque de l’obtenir, aborde la question de façon fataliste, on ne se rend compte qu’après de ce que l’on a perdu…
  3. Emancipation
    Cette nouvelle est de loin, pour moi, la plus perturbante du recueil, elle traite de l’isolement individuel et de nos peurs les plus ataviques envers l’Autre. Mais que se passe-t-il le jour ou l’Autre ne nous entoure plus de sa présence inquiétante, mais ô combien confortable ?
  4. Divergence d’opinion
    Rafraichissant après l’inconfortable récit précédent, ce texte traite, comme son nom l’indique, d’une divergence d’opinions, universel dans sa portée, ce court récit par les motifs qui nous paraissent futiles et grotesques, volontairement rendus ridicules par l’auteur, nous amène à nous interroger sur l’origine primordiale du conflit. la source de toute chose, l’incapacité de deux personnes à discuter posément.
  5. Question de foi
    L’auteur ici joue au ping-pong avec nos nerfs, la chute de cette nouvelle est surprenante, mais nous laisse imaginer bien des choses, porte ouverte à notre propre récit personnel, chacun voit midi à sa porte. Néanmoins, l’auteur pose effectivement des questions très justes sur la différence de conception culturelle et spirituelle, et si nous nous étions trompés depuis le début ?
  6. Rétrocession
    L’une de mes nouvelles préférées de ce recueil, l’auteur nous emmène dans un échange entre un vieux loup de mer et un jeune blanc bec qui part pour la première fois. La chute de la nouvelle est classique, presque attendue, mais les mots sont si justes, choisis avec soin, il laisse tant de place à notre imagination, nous permet de nous poser des questions sur ces aventuriers ordinaires qui traversent les distances et les époques avec une telle constance. Au premier degré, cette nouvelle n’apporte pas grand-chose, mais si vous savez lire entre les lignes… Je vous laisse en juger par vous même. Amoureux de la mer et des étoiles depuis toujours, habitué à naviguer dans de drôles de conditions, cette nouvelle a résonné en moi comme une corne de brume dans le crachin… Un son qui ne m’a jamais quitté.
  7. Jonas
    L’autre nouvelle préférée de ce recueil, la fin est inattendue et le retournement, bien qu’évident après coup nous laisse un peu pantelant. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Ubik de P.K.Dick en terminant ce texte. Le traitement de ce sujet, l’illusion et les conséquences philosophiques profondes que cela entraîne nous pousse à réfléchir plus avant sur le sens de la réalité, il ne nous reste plus qu’à relire Hume et Kant… La bible dans tout ça a peut-être été inventée par un esprit malade…
  8. Trip
    Amateurs de cyberpunk, vous avez aimé Neuromancer, vous avez aimé La première trilogie dans l’univers Shadowrun ? Accompagnez le trip d’un accroc à la technologie, oubliez vos modems et la fibre optique, voilà la connexion ultime. La quête du savoir, la quête de notre propre identité, qu’y a-t-il au-delà des frontières communément admises ? l’aventurier du Trip le saura sûrement avant nous…
  9. Grand-Veille
    Dans ce texte touchant qui m’a personnellement affecté, on s’approche du concept de triche dans sa globalité, quels arguments seraient donc recevables dans notre situation pour accepter de tricher avec le destin, juste un peu, à peine, pour nous encourager à tricher avec le destin ? Jusqu’où peut-on être prêt à agir afin de garder auprès de soi ceux qui comptent pour nous ? Dans un univers où la vie n’a finalement plus autant de valeur, l’attachement sentimental reste-t-il vital ou est-il dévalorisé de la même manière ? Bienvenue dans un drôle de monde… Le nôtre.
  10. Notre dame des opossums
    Alors que nous sommes en plein débat sur l’influence de nos manipulations sur le vivant, ce récit court nous emmène et pose la question que l’être humain ne se pose pas assez. Comment juger que l’insertion d’une nouvelle espèce, ou la disparition d’une autre ne va pas engendrer des déséquilibres dommageables au profit d’une autre espèce. Par la mise en exergue d’une situation extrême, l’auteur sait nous rappeler les nombreuses erreurs que nous avons déjà commises dans ce domaine et nous met en garde contre celles que nous pourrions commettre dans le futur.
  11. Début de semaine
    Par certains côtés, cette nouvelle rappelle la quatrième intitulée Divergence d’opinion. Une autre thématique qui peut faire frissonner certains d’entre nous, la course à l’armement ? Et si nous n’étions plus capables de nous arrêter ? Et si nous franchissions un point de non-retour ? Que se passerait-il ? Loin de la fin du monde dans un hiver nucléaire, Southeast Jones avec sa plume aigre-douce nous invite à oublier un instant le feu et l’acier, il nous rappelle qu’il peut y avoir encore pire, la guerre que l’on ne voit pas, celle qui se termine sans gagnants parce que tous ensemble, nous aurons perdus. Game over.
  12. Le C.R.I.M. était presque parfait
    Les modes d’emploi ? C’est surfait. Plongeons au cœur de la recherche scientifique de pointe, de l’expérimentation et de l’empirisme. Bien loin des clichés catastrophes habituels, l’auteur du récit nous met face au plus grand mystère de l’humanité. Notre soif de l’inconnu. Lorsqu’on vous laisse seul avec un gros bouton rouge sur lequel il est indiqué : Ne pas appuyer, que se passe-t-il à votre avis ? C’est là que la science sépare les curieux et les autres. Franchissez le Rubicon et entrez dans le C.R.I.M.
  13. Le temps du repos
    L’éternité ? La fin ? Le commencement ? En résonnance avec la nouvelle intitulée Contrat, nous retrouvons un drôle d’être dont la soif inextinguible l’a poussé vers la solitude. Si les derniers mots de la nouvelle sont surprenants, ils n’en demeurent pas moins très forts. Abordant les questions d’aujourd’hui telles que la cupidité, l’impatience, la jouissance immédiate, il aborde ici la consommation hallucinante des ressources irremplaçables pour une espèce. Comment réagir et commet y faire face ? Pas de réponse, mais une seule certitude. Nous sommes ici le monstre.
  14. Noël Lointain
    Tranchant dans son ton avec quelque chose de beaucoup plus léger, j’ai apprécié dans cette nouvelle, le maniement de l’humour absurde et la double mise en perspective, l’arroseur arrosé n’est pas celui que l’on croit. La clôture du récit nous met une belle claque retentissante dans la figure tout en soulevant les problématiques de la colonisation et des échanges culturels que l’on pense toujours complètement anodins.
  15. Les enfants de nos enfants
    Le recueil se termine sur une note surprenante d’espoir, entre théorie de l’évolution et préjugés, voilà un texte qui rappelle que la roue tourne, ce qui est fort un jour peut devenir faible le lendemain sans même s’en rendre compte, par une approche anticipative, il nous renvoie aux origines mêmes de l’être humain tel que nous croyons nous connaître. Bienvenu dans le futur…
En conclusion, un recueil qu’il est possible de lire sur bien des niveaux, les références et les thèmes abordés dévoilent un auteur qui se pose beaucoup de questions, sans être fataliste, il nous conduit sur des sentiers de perdition afin de mieux nous sauver de nous-mêmes en poussant à la réflexion personnelle. J’ai vraiment apprécié la découverte de cet auteur, alors qu’aujourd’hui la Science Fiction grand public est confite dans les poncifs, cet ouvrage à la plume acérée sait raviver la flamme d’instants perdus et de réflexions sauvages sur notre avenir.
n’hésitez pas à tenter de deviner le futur, bienvenue dans : Il sera une fois…

Copyright © 2016 Lysere. All Rights Reserved.