L’écriture collaborative (ou à quatre mains) – partie 1

Quelques liens sur l’écriture à quatre mains

Vous le noterez, on y retrouve beaucoup d’idées communes, mais surtout une qui semble prévaloir, l’écriture collaborative semble ne pas avoir bonne presse. Tant mieux, nous aimons gratter les idées préconçues.

Amis lecteurs, curieux, visiteurs de passage, créatures étranges et autres cliqueurs fureteurs, voici le premier article de 2018 sur le site de Belysambre et Lysere. Nous y aborderons la pratique peu répandue d’écriture à quatre mains (s’il y a des manchots dans l’assistance, ils corrigeront naturellement le nombre de mains impliquées). Comme d’habitude, ici, nous ne généraliserons pas, nous n’en avons pas la prétention, mais nous vous donnerons quelques indices sur notre façon de procéder.

Vous aurez peut-être noté un petit changement dans le ton de l’article, l’utilisation du nous n’étant pas une affectation de la part de l’auteur, c’est plutôt une forme de reconnaissance car, si vous suivez notre actualité à Belysambre et moi, nous écrivons maintenant à deux en permanence. Du coup, les articles du site seront sur le ton du nous et non plus du je, mais bon, à la limite, vous vous en fichez probablement.

Cet article, comme son titre l’indique, aborde le principe de l’écriture à quatre mains. Il y en aura d’autres qui aborderont certains points spécifiques de ce sujet ô combien délicat, mais tout d’abord, un peu de sémantique. L’écriture à quatre mains, selon nous, c’est quoi ?

Piano à quatre mains, par Patrice CATALYU

Piano à quatre mains

Définition :

L’écriture à quatre mains (un autre terme moins exclusif est : l’écriture collaborative) est, selon nous, la participation de deux (ou plus) auteurs à la conception, la rédaction, la correction et tout le corollaire autour de la mise en œuvre d’un récit. Dans notre esprit, il s’agit d’une symbiose entre deux (ou plus) esprits créatifs qui décident de traiter ensemble d’un même sujet dans un produit fini commun.

Il est ici important de noter la différence fondamentale entre un très bon bêta lecteur (qui ne participe pas à la création du récit mais se contente de proposer des modifications qualitatives) et de faire également la différence entre coécrivains et nègre d’écriture (ou plus poliment, shadow writer) qui lui va écrire à la place de l’auteur et prêter sa plume à un nom contre une rémunération (ou pas).

Pourquoi ?

C’est une excellente question, pourquoi l’écriture collaborative ? Pourquoi diable décider de se mettre à écrire à plusieurs ? Comment une idée aussi sotte que grenue peut-elle germer dans l’esprit malade d’auteurs qui, selon la légende francophone, ne devraient pas être capables de se sortir de leurs tours d’argent ?

Tout d’abord parce que deux esprits valent mieux qu’un. Nous avons choisi d’apparaître comme coécrivains car la somme de nos contributions aux récits crées était de loin bien supérieure à nos textes pris isolément. Pour vous donner une petite idée, tandis que nous créons une trame à plusieurs, nous pouvons, en fonction de nos aspirations et de nos sensibilités, aborder des sujets et des préoccupations qui nous tiennent à cœur, sortir de nos petites habitudes et nous remettre en question. Créer une trame à plusieurs permet immédiatement de traquer d’éventuelles énormes incohérences que l’un d’entre nous pourrait avoir manquées, aplanir des écueils futurs en les identifiant immédiatement et construire un projet initialement plus cohérent. Honnêtement, après avoir passé des années à écrire seul, le gain de temps et le regain d’enthousiasme sont énormes. De plus, cela nous oblige à mettre en place une structuration ce qui évite, lors de la rédaction, les digressions totalement inopportunes (bon, nous l’admettons, cela ne les empêche pas totalement, mais contribue à une forte réduction de leur nombre, de plus, cela permet également de revoir les choses à la lumière de la structure établie et de décider sereinement si oui ou non, cette énième digression a sa place ou pas dans ce satané récit).

Par conséquent, un gain de temps, de sérénité et d’efficacité.

Comment ?

Escrime by Ben Berckx, Pixabay

Parce que la collaboration ne doit pas se transformer en lutte à mort

Le cœur du débat, comment ça marche ? Sincèrement, nous ne savons pas comment fonctionnent les autres auteurs, chacun possède ses propres trucs et astuces, mais ce qui est, à notre sens, vital, c’est l’équilibre. L’équilibre dans la relation, un auteur qui écrase l’autre ne peut pas se prétendre coécrivain. De même, le respect des idées et des règles établies sont une force indéniable. Nous aborderons donc ici, les règles qui devraient prévaloir dans le cas d’une collaboration fructueuse (et nous avons la prétention de penser que notre collaboration est plus que fructueuse).

Respecter les avis et les idées :

Toute idée, même complètement farfelue peut donner lieu à de passionnants débats et réorienter un projet dans une direction totalement imprévue. L’important est de juger les idées sur une base de critères objectifs et de respecter l’avis de l’autre. Surtout, le rejet d’une idée ne doit pas être immédiat et doit donner lieu à un accord de toutes les parties. Parfois il faut laisser reposer plusieurs jours afin de dépassionner le débat et prendre une décision sereine en accord avec tout le monde.

Partager sans arrière-pensée :

Retenir une idée par autocensure ou par peur de se la faire piquer est le début d’un magnifique gâchis. Tout le monde ne veut pas vous piquer vos pensées et vous n’avez pas l’apanage du trait de génie. Pourquoi revoir tout avec méfiance ? Exprimez votre côté bisounours, vous êtes censés collaborer !

Répartir équitablement les tâches :

Parce qu’il n’y a rien de plus désagréable que la sensation que l’on ne sert à rien, ou que l’on se tape tout le boulot, la juste répartition des tâches dépend avant tout de la façon dont vous concevez le monde ensemble. L’important, c’est que cette structuration ne soit pas figée dans le marbre, que vous gardiez l’esprit ouvert et que vous soyez toujours en accord les uns par rapport aux autres sur cette répartition choisie.

Se remonter le moral ensemble :

Parce que nous avons tous des coups de mou, parce que nous sommes des êtres humains et non pas des machines, il est important de garder un moral élevé dans cette aventure. Parfois les choses ne vont pas comme vous en auriez envie. Parlez-en, ne vous enfermez pas dans une mauvaise humeur, rappelez à vos collaborateurs à quel point ce projet vous tient à cœur et à quel point vous tenez à ce qu’ils participent à cette aventure. N’oubliez pas qu’un minimum de considération des uns pour les autres peut faire des miracles.

Être honnête en tout :

Quelque chose vous déplaît ? Dites-le ! Une écriture collaborative, ou un projet collaboratif en général, ne peut pas et ne doit pas s’embarrasser de faux-semblants. Cette partie ne vous plaît pas ? Dites-le ! Ce morceau vous tient à cœur ? Dites-le aussi. La communication la plus honnête entre les différents participants est peut-être la notion la plus importante d’un projet. Cette communication dénuée d’hypocrisie vous permettra de faire face à tous les écueils et toutes les difficultés.

Ne pas être susceptible :

Ce n’est pas parce que l’on tourne son clavier sept fois dans sa bouche avant de parler que certains mots ou certaines expressions pourraient être mal perçus. Il est important et nous rejoignons le point précédent, que lors de vos échanges, les éléments soient parfaitement clairs. Ce n’est pas parce que l’un des participants à des mouvements d’humeur lors de la lecture d’un passage qu’il vous en veut à mort, c’est peut-être simplement qu’il pense à autre chose. Il faut impérativement savoir recevoir la critique, du moment qu’elle est constructive et argumentée. Même si elle vous semble injustifiée, l’auteur d’une critique aura voulu vous faire passer un message, remettez-vous en question, discutez-en, mais ne prenez pas la mouche alors qu’elle ne vous a pas piqué. De même, avant d’émettre une critique, il est important de bien réfléchir à son but. L’autre ne lit pas dans vos pensées !

En conclusion :

Flèches enflammées

Parce qu’avant tout c’est une aventure commune, n’oubliez pas, vous visez la même cible ENSEMBLE

Ces quelques règles nous ont permis d’établir d’excellentes bases de travail (bon, le fait de vivre ensemble et d’être mariés aide aussi) Vous constaterez qu’il s’agit principalement de bon sens. Pas besoin d’être diplômé en management participatif ou en maîtrise des organisations pour être capable de se mettre d’accord sur des méthodes harmonieuses.

Le prochain article sera consacré aux outils existant facilitant l’écriture collaborative.

D’ici là, n’oubliez pas de rêver.

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