Avis de lecteur – Les crins de l’âme

Blue Indigo

Chers lecteurs, visiteurs, touristes ou encore erreurs de redirection, cela faisait bien longtemps que nous ne vous avions plus accueillis pour un nouvel article, en ce moment, nous avons grandement réduit notre rythme de publication (au cas où certains ne l’auraient pas remarqué). Nous en sommes désolés mais plusieurs projets d’envergure nous accaparent beaucoup de temps. Mais, pour votre plus grand bonheur, nous continuons à lire d’autres auteurs et puisque vous êtes sur cet avis de lecture, nous arrivons même à publier des avis de lecture ! Bon, après le mea culpa, l’autoflagellation avec le câble de la souris, la lapidation à coups de touches de clavier, place à notre avis de lecture.

Titre : Les crins de l’âme, la page du site où le livre est présenté.

L’auteur : Blue Indigo (vous vous en doutiez, c’est un pseudonyme), son site Internet, sa page Facebook et son compte twitter.

L’éditeur : autopublié

Thèmes abordés : Guérison, Cheval, Chamanisme

Mais tout de suite, le petit résumé commercial qui va bien :

Ewart, un homme qui a travaillé de longues années avec les chevaux, renonce à tout ce qu’il aime quand sa femme se tue en voiture. Le chagrin et la culpabilité l’amènent à un point de non-retour. La vie et le destin n’en ont pourtant pas fini avec lui. Sa meilleure amie, Kersten, lui fait rencontrer un cheval magnifique, étrange et immontable. Cet être particulier va les emmener dans un voyage au bout du monde, à la rencontre de peuples nomades, de chamans et surtout au bout d’eux-mêmes. Que leur réserve cette quête ?

Bon, bon, bon, une histoire de cheval, moi qui suis terrorisé par ces grandes bestioles ce n’était pas bien barré, heureusement, Belysambre est là pour me rappeler que les petites bêtes ne mangent pas les grandes bêtes… Attendez, j’ai dû manquer un truc là… Est-ce que je me serais fait avoir ? Ma femme est vraiment machiavélique…

Bon, voici donc notre retour de lecture :

L’histoire :

Fluide et très dense, l’histoire ne laisse pas le lecteur indifférent. Bien qu’abordant un thème relativement classique de la descente aux enfers à la recherche de rédemption, le récit est efficace, rempli d’émotions et très vivant. Bien que, d’apparence facile, la lecture ne l’est pas, l’histoire se complexifie au fur et à mesure pour aborder des éléments fantastiques et ésotériques, le tout enrobé dans un beau récit. À noter le changement de narrateurs régulier, le premier changement est peut-être un peu déstabilisant mais, on s’y fait assez facilement. On suit plutôt différentes histoires qui se poursuivent et se répondent et c’est bien amené. La thématique de la guérison et la symbolique de la quête de rédemption semblent très importantes pour l’auteur et certains passages laissent ressentir un véritable vécu, ou une documentation vraiment très précise.

Le lecteur est amené à vouloir cerner rapidement le livre, erreur fatale, on sent bien que l’auteur à un coup d’avance sur ce qu’anticipe le lecteur dans l’ensemble, c’est joli et ça encourage le lecteur à ne pas baisser sa garde.

Les personnages :

Ni trop nombreux, ni restreints, chacun a son rôle à jouer, certains vont et viennent, d’autres restent là, ils sont globalement suffisamment attachants pour permettre au lecteur de s’y attacher, avoir parfois envie de leur mettre des beignes monumentales, tout en se sentant proches d’eux et de leur façon d’être et de penser. Autre point positif, il n’y a pas de personnage superflu, ce qui est un très beau point positif supplémentaire.

Le style :

Alors pour les ayatollahs de la cause, l’ouvrage passe facilement et très haut la main le test de Bechdel (pour les curieux, allez voir par ici, c’est gratuit et ça ne fait pas de mal de s’y intéresser aussi).

Nous faisons face à une plume très sensible qui écrit, visiblement, avec ses émotions et son cœur plutôt qu’avec sa tête (ce n’est pas péjoratif, ça change énormément des auteurs qui réfléchissent trop et se donnent un genre torturé). À tel point que Belysambre a pleuré plusieurs fois, bravo. Certes, les obsédés de la grammaire pourront trouver à redire sur certaines formules syntaxiques parfois un peu torturées, mais cela ne gêne pas suffisamment pour interrompre la lecture, de plus, il est très probable que ces formulations soient voulues par l’auteur, nous ne sommes pas là pour corriger un texte qui est globalement très agréable à lire. L’auteur prend le temps de poser les choses, on ne balance pas le lecteur directement In media res, ce qui change également agréablement de la littérature actuelle.

En conclusion :

Un livre efficace et sensible qui peut se lire à plusieurs niveaux et dont la plume saura vous emmener jusqu’à la dernière page. Vivement le tome 2 !

CC BY 4.0 Les crins de l’âme, par Blue Indigo, avis de lecture par Lysere est sous Licence Creative Commons Internationale Attribution 4.0.