Quelques mots pour notre premier éditeur,

Il nous a fallu quelques jours pour avaler,

Il n’y a pas de mots assez forts pour exprimer ce que Belysambre et moi-même ressentons.

Tu as été le premier à nous faire confiance, à croire en notre plume. Nous n’étions pas d’accord sur tout et c’est aussi ce qui a fait la richesse de nos échanges. Nous avons appris énormément à ton contact, nous avons partagé nos éclats de rire, nos conceptions de l’écriture et de la lecture. Papier, numérique, tu t’en foutais, l’important c’était que les gens lisent. C’est ce qui faisait la beauté de ton action. Des projets fous, des envies pleines la tête, du courage et une fidélité à toute épreuve pour tes auteurs.

Acharné,

Tu as continué de croire en nous malgré les épreuves que nous avons traversées, tu as continué à nous encourager à écrire, inlassablement, pour forger notre plume et notre style afin de trouver les mots et les projets qui nous feraient rêver. Tu as accepté de patienter quand nous te disions, non, le texte n’est pas prêt, nous devons encore le corriger… Prenez votre temps, que tu disais, prenez votre temps, moi je vous attendrais, mais tu n’a pas attendu…

Respectueux, mais pas que,

Quand tu nous parlais, c’était d’égal à égal, la condescendance ce n’était pas ton truc, fallait avancer, vivre, se dire les choses avec honnêteté. Parce que c’est comme ça qu’on bâtit la confiance, c’est comme ça qu’on se dit les choses, et même quand il y a désaccord, ben ce n’est pas grave, en se disant les choses, on avançait quand même.

Paternel,

Tu as su nous montrer ce qu’était une vraie maison d’édition, tu nous as montré que nous comptions pour toi, que chaque auteur était unique en son genre. Nous pouvions partir, bien sûr, mais nous pouvions aussi revenir avec d’autres trésors, la porte était ouverte à la discussion et aux projets. Tu étais un peu un papa éditeur, capable de nous guider et de partager ta compréhension et ta vision. Quoi qu’il arrive, tu resteras toujours le premier.

Stupeur,

Tu es parti comme ça, emporté sans crier gare, il a bien dû se marrer l’Ankou, de la sale blague qu’il a fait au monde de la littérature.

J’espère que là où tu te trouves maintenant, il y a de quoi lire, même si on ne peut plus t’envoyer de dédicace par la Poste.

Indestructible, tu paraissais,

J’ai toujours cru en ton invulnérabilité, ton sourire inoxydable, je t’ai même dit que tu nous enterrerais tous. Qu’est-ce que tu as ri à ce propos… Et maintenant, tu n’es plus là et ça fait un vide qui fait mal… Nous le comblerons en poursuivant ton injonction, écrire, écrire sans s’arrêter, avec passion, avec fureur, avec les tripes et la tête. Ne jamais reposer le stylo, un clavier c’est fait pour souffrir.

Nous avons une pensée émue pour Jean-François Gayrard qui a été notre premier éditeur et s’est éteint récemment. Nous partageons la douleur et l’incompréhension qui frappe sa famille et ses proches.

Le lien vers l’hommage d’Actualitté.com

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