L’écriture collaborative (ou à quatre mains) – partie 2 : Les outils

Quelques liens sur l’écriture à quatre mains

Principalement vers les sites des outils qu’il est possible d’employer, de préférence gratuitement, quand c’est possible.

Bonjour à toi, qui que tu sois, lecteur de passage, curieux en balade, créature de l’espace venue d’ailleurs ou d’encore plus loin. Dans notre dernier article, Belysambre et moi abordions le principe de l’écriture collaborative, ou participative, ou à quatre mains, mais tout ça dépend de la façon dont les gens ont envie de l’appeler et du nombre de membres disponibles utilisés. Blague à part, nous rappelons, (oui, nous t’avons vu et nous avons pensé à toi, toi le lecteur qui débarque ici par erreur, les yeux gonflés par le sommeil et la souris attirée par le clic facile) pour les personnes qui n’ont pas suivi le premier article, notre définition de l’écriture à quatre mains :

L’écriture à quatre mains (un autre terme moins exclusif est : l’écriture collaborative) est, selon nous, la participation de deux (ou plus) auteurs à la conception, la rédaction, la correction et tout le corollaire autour de la mise en œuvre d’un récit. Dans notre esprit, il s’agit d’une symbiose entre deux (ou plus) esprits créatifs qui décident de traiter ensemble d’un même sujet dans un produit fini commun.

Une lectrice de l’article précédent, que nous apprécions énormément, nous a fait la réflexion suivante, nous citons :

la méthode évoquée se rapproche beaucoup de l’écriture d’un scénario.

Fin de citation. Pour répondre rapidement avant d’attaquer le vif du sujet : Oui, c’est vrai, mais d’un autre côté, la coécriture telle que nous la concevons commence dès la conception du concept de l’œuvre, donc sa scénarisation, donc oui, effectivement, nous sommes parfaitement d’accord avec ce point de vue.

Ce point étant évoqué, nous refermons la parenthèse et proposons aujourd’hui un article tournant autour de la coécriture qui devrait vous intéresser.

Comment faisons-nous ? Quels outils ? Quelles méthodologies ? Quels médias ?

Quelques règles de base de travail

En premier lieu, il y a quelques règles méthodologiques très simples à appliquer, en plus des règles de bon sens évoquées dans l’article précédent :

Tout écrire :

Tout doit être écrit, cette règle à elle seule évite les malentendus, les incompréhensions, les oublis, les prises de tête. Par exemple, si l’un d’entre nous a une idée à soumettre pour un projet en cours ou un nouveau projet, cette idée est immédiatement écrite sur un document accessible à tous. Cela permet d’éviter des situations du genre :

— Tiens, j’ai fini d’écrire ce chapitre, je te laisse le valider et le relire.

— Quoi ? Mais ce n’est pas ce qu’on avait dit du tout !

— Ha bon ?

— Le personnage là, il ne doit pas mourir, on avait dit que le méchant faisait ça et que le gentil répondait ça ! Tu n’as rien écouté de ce que je te dis ?

— Heu… Ben si, mais je trouvais que ça sonnait mieux.

— Ben non !

— Bon, ben je retourne écrire le chapitre de nouveau… Rappelle-moi encore une fois ce qu’on avait décidé ?

En écrivant et en préparant à deux les différents éléments de la structure, il est vital qu’une idée ou un concept à intégrer soient enregistrés quelque part au risque de perdre de précieux cheveux…

Vérifier que les outils utilisés sont maîtrisés par tous :

Pour éviter des situations du genre :

— Tiens, je t’ai envoyé le dernier chapitre.

— Je n’arrive pas à lire ton fichier…

— Quoi ? Tu n’utilises pas LaTex ?

— …

Afin que ce genre de situations n’arrive pas, décidez des outils que vous allez employer en commun, prévoyez tous les éléments et enfin assurez-vous que tout le monde est en mesure de comprendre la façon dont les différents outils vont se compléter.

Ces quelques règles étant établies, allons-y pour la liste des outils que Belysambre et moi utilisons. Nous insistons sur le fait que ce sont les outils que nous utilisons et qu’ils ne sont pas forcément adaptés à toutes les situations comme vous pourrez le constater.

Les outils, quels sont-ils ?

1 – Le répertoire commun :

Image d'outils pour illustrer l'écriture à quatre mains partie 2 : Les outils

Que vous soyez situés à l’autre bout de la Terre ou dans le bureau à côté, il est fort probable que vous disposerez chacun d’ordinateurs personnels. De fait, afin de travailler en commun, pouvoir changer de machine selon le lieu de travail, ou encore de sauvegarder toutes vos données et vos versions dans un seul et même lieu, nous vous conseillons d’utiliser un système de sauvegarde décentralisé (ou Cloud comme l’appellent nos amis outre atlantiques et tous les anglophiles) Il existe d’excellentes solutions gratuites telles que Hubic, ou encore google drive, ou encore dropbox.

Ce ne sont que trois des nombreuses solutions de stockage en ligne existantes, elles ont toutes des avantages et des inconvénients différents, ici, nous ne présentons que les outils avec lesquels nous travaillons et il s’agit d’outils, pour la plupart gratuits, simples d’utilisation et ne présentant que peu de difficultés techniques à maîtriser.

2 – Un dictionnaire commun (à insérer dans le répertoire commun) :

Afin de permettre la cohésion de l’histoire, notamment dans le cas de l’utilisation de néologismes ou de mots inventés, il est vital que tous les auteurs aient la même information quant aux orthographes, définitions et sens que peuvent prendre certains mots. Si nous inventons le nom d’un animal étrange, il est vital que nous sachions tous quelle désignation il va subir et l’orthographe de ladite désignation.

3 – Le paperboard :

Par soucis de simplicité et parce que nous vivons sous le même toit, nous avons un véritable paperboard, mais, pour ceux et celles d’entre vous qui auraient besoin d’une solution web, voici que je vous ai dégotés. Après avoir testé, ça fonctionne plutôt pas mal et c’est gratuit : Drawchat.

carnet de note illustrant l'article : l'écriture à quatre mains partie 2 : les outils

Le carnet de notes, mon préféré

4 – Le carnet de notes :

Encore une fois, cet outil ne fonctionne pas pour tout le monde, il requiert automatiquement des réunions régulières ou de vivre sous le même toit, mais il a un avantage énorme : vous pouvez l’emmener partout, il fonctionne sans Internet ni électricité, il vous permet d’avoir un carnet par projet et de vous poser dans des endroits totalement insolites pour travailler. Il se remplace éventuellement par des documents textes ou des tableurs en ligne, mais le résultat n’est pas pareil. Il y a autant de façon de tenir un journal de projets que de personnes. Nous présenterons dans un autre article la façon dont nous organisons nos propres carnets.

5 – Le traitement de texte :

Nous ne ferons pas ici la liste de tous les logiciels existants, nous ne ferons pas non plus l’éloge d’une solution par rapport à une autre. Arrangez-vous simplement pour que les fichiers que vous enregistrez soient compatibles avec les logiciels de vos collaborateurs. Le traitement de texte peut être complété ou remplacé par le traitement de texte en ligne.

6 – Le traitement de texte en ligne :

Nous entrons ici au cœur de la coécriture, le traitement de texte en ligne pour notre part, nous avons choisi google docs, mais il existe d’autres solutions payantes ou gratuites. L’avantage, c’est qu’il nous permet de combiner le répertoire commun avec les outils de communication en ligne. Vous pouvez dire ce que vous voulez à propos de Google et des autres structures affiliées, mais il est indéniable que leurs solutions sont efficaces et fonctionnelles. De plus, vous pouvez travailler sur plusieurs niveaux (par exemple, nos bêtas lecteurs ont parfois accès à certains passages et textes en mode lecture seule alors que nous, coécrivains pouvons modifier directement les textes). Le seul désavantage c’est que pour vraiment bien fonctionner, il exige qu’au moins le créateur des documents possède un compte Google, mais globalement, c’est vraiment un problème mineur.

Voilà un aperçu des outils que nous utilisons, il en existe d’autres, mais ils ne sont pas nécessaires pour les besoins de cet article. Nous rédigerons ultérieurement un article sur les autres logiciels complémentaires que nous utilisons.

Bon, mais tout ça c’est bien beau, mais comment vous articulez tous ces outils ? Vous utilisez quoi à quel moment ?

Image de papeboard pour illustrer l'article sur l'écriture à quatre mains, partie 2

Les outils, comment s’en servent-ils ?

Excellente question que vous êtes en droit de vous poser. Nous allons reprendre la liste et détailler les éléments un par un.

Le répertoire commun :

Le répertoire commun sert à tout, du début à la fin, que ce soit pour conserver des images servant de sources d’inspiration, des fichiers textes, des fiches de personnages, des structures, des ébauches, bref, vous pouvez y stocker tout et n’importe quoi, ce qui vous permet de vous organiser et de conserver des archives pour une consultation ultérieure y compris l’annuaire commun évoqué plus haut.

Le paperboard :

Utilisé à chaque étape préparatoire (encore un article à prévoir sur les étapes avant la rédaction) il permet de lister pêle-mêle les idées, les suggestions, commencer à organiser les choses, identifier les éléments importants. Le paperboard nous permet de commencer à organiser les idées et les éléments concernant chaque sujet du projet. Par exemple, nous nous faisons une session histoire principale et sur le paperboard, une fois la trame établie, nous y ajoutons tous les éléments d’histoires secondaires qui pourraient être intéressants, de même, la préparation des personnages et des chapitrages passe par cette étape. Le paperboard nous sert de brouillon global qui sera raffiné dans le carnet de notes

Le carnet de notes :

Justement, puisqu’on en parle, un carnet par projet, numérotation des pages et mise en place d’un index, dans le carnet que nous tenons à jour, nous affectons des pages dédiées à chaque personnage, des pages dédiées à la structuration du roman, des pages dédiées aux intrigues, des pages dédiées à ce qui se passe dans le dos des personnages et des lecteurs, les plans des méchants (quand ils en ont) les évolutions prévisibles des relations entre les personnages, leurs implications dans les différents chapitres, cela permet, un peu comme une pièce de théâtre, d’indiquer, en début de chaque section dédiée à un chapitre, le narrateur, les personnages en présence, leurs relations en début et en fin de chapitres, les trames qui avanceront ou pas etc. Le carnet de notes vous permet également de garder des phrases ou des citations que vous trouvez intéressantes à intégrer. Au même titre que certains font ce que l’on appelle communément des Bullet Journal (ne nous demandez pas, on n’arrive pas à tenir ce genre de machin) nous tenons plutôt des carnets par projets que nous personnalisons en fonction de nos besoins, c’est la même chose sauf qu’on n’écrit pas dedans tous les jours. L’utilité du carnet de notes (pièce maîtresse de notre méthodologie) c’est qu’il est toujours accessible et qu’il permet de s’y référer rapidement en cas de doute (mince il a quoi comme coupe de cheveux ce personnage, ses yeux sont de quelle couleur, bref, le genre de questions que l’on se pose quand le nombre de personnages devient un peu… difficile à tenir).

Le traitement de texte :

Nous y voilà, le traitement de texte vous permet une chose, rédiger, rédiger et encore rédiger. Après la phase de paperboard et de carnet de notes, il est temps de rédiger, envoyer le premier jet, préparer les éléments d’écriture qui vous sont dévolus avant de les soumettre à votre coécrivain qui va les modifier et les affiner le tout en un nombre de navettes qui peut vite devenir impressionnant.

Le traitement de texte en ligne :

Comme le traitement de texte normal avec plusieurs avantages :

L’instantanéité, ce que vous écrivez peut être immédiatement relu ou suivi par les collaborateurs du projet.

La suppression des inlassables navettes avec la possibilité de commenter tout de suite, modifier et changer les choses au fur et à mesure, arrangez-vous quand même pour vous coordonner avec un téléphone ou d’autres solutions de conversations en ligne en fonction de vos besoins.

Pour notre part, nous rédigeons d’abord la totalité du texte prévu en traitement de texte seul, ce qui permet de débroussailler la plupart des éléments, puis nous passons sur le traitement de texte en ligne afin de procéder aux corrections, modifications et altérations à la volée.

Image de bureau pour illustrer l'article sur l'écriture à quatre mains partie 2

Quels que soient vos méthodes, elles ne sont pas mauvaises, nous ne présentons ici que nos quelques outils et les façon dont nous nous en servons.

En conclusion :

Voilà un aperçu de nos outils de travail, nous espérons que vous avez maintenant une meilleure idée de la façon de procéder en quatre mains.

Comme vous pouvez le constater, il n’y a rien de très sorcier et pour celles et ceux qui écrivent, vous pouvez voir qu’il n’y a probablement rien de très différent d’une écriture solitaire, à part bien sûr que vous êtes à plusieurs sur le projet et que vous vous répartissez les tâches.

 

 

Dans les prochains articles, nous aborderons la répartition des tâches, les outils supplémentaires d’écriture (utiles aussi bien en collaboration que seuls) et nous aborderons également notre façon de travailler, depuis l’idée de base, jusqu’au texte considéré comme final (avant corrections).

D’ici-là, n’oubliez pas de rêver.

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