Soumission pour appel à texte de maison d’édition : Vulnérables

Écrite dans le cadre de l’appel à texte des éditions parchemins et traverse sur la thématique : Vulnérables, voici un extrait de la nouvelle complète que j’ai soumis à cette occasion. Voulant l’inscrire dans un univers que j’ai créé de longue date, la thématique de la vulnérabilité collait parfaitement à cette manière de présenter le début de la Connexio Sybarite.

Si sa lecture n’est pas nécessaire pour comprendre la série, elle reste une bonne façon d’appréhender un autre niveau de lecture du premier tome de la Connexio Sybarite. Bien sûr, comme dirait la citation : La vérité est encore ailleurs. La nouvelle a été conçue afin que le lecteur ne s’y sente pas perdu ni étranger, pouvant être lue, avant, après ou complètement indépendamment. J’espère que vous prendrez autant de temps à lire cette nouvelle que j’ai pris de plaisir à l’écrire.

Nouvelle

par Lysere

Texte partiel

Soumission de nouvelle pour l’appel à texte : Vulnérables (Parchemins et traverses) au 13/05/2016

Nous sommes tous le vulnérable de quelqu’un d’autre. Cette nouvelle s’inscrit dans l’univers de la Connexio Sybarite dont le premier tome sera publié pour la rentrée littéraire 2016 chez Numeriklivres. Cette nouvelle inédite non publiée jette une lumière alternative partielle sur le passé particulier du héros de la série (Marc Delasalle).

Nouvelle écrite par Lysere


La loi du construct

Il est déjà tard quand je franchis les portes du Griffon, je suis moulue et déprimée. Comment ai-je eu la force d’arriver jusqu’ici ? L’espoir probablement. Aurais-je les moyens de payer ma nuit d’ivresse ? Tout dépendra… La musique est plutôt forte,  comme d’habitude. Une brève impulsion et mes implants auditifs neutralisent progressivement le vacarme ambiant. La fumée artificielle noie les visages, pour ce que ça vaut, le fumigène peu dense masquera partiellement ma mine des mauvais jours. D’un hochement de tête je salue Béryl et quelques habitués, il faut sourire, garder les apparences, j’en ai marre. Toujours sur la brèche et pas de crédits neufs sur mon compte en banque. Reste à espérer que le client se pointe enfin ce soir. J’évolue au milieu de la foule qui se presse sur la piste de danse évitant par reflexe les corps qui se trémoussent au rythme d’un bruit de fond abominable. Comment peuvent-ils se déhancher sur un truc pareil ? Mes oreilles saignent rien qu’à l’imaginer.

D’un air las, j’avise l’alcôve qui m’est réservée, pas de client à l’horizon pour le moment. Un bref coup d’œil à l’heure qui s’affiche dans mon champ de vision ; pour lui, il est probablement encore tôt. Je m’assieds, voilà, le moment que je déteste le plus est arrivé. Attendre. Le paradoxe me fait sourire, c’est pourtant la plus importante partie de mon travail, et je l’exècre. Trois jours qu’il me fait marner, ça m’énerve.

Un mouvement à travers la purée de pois, Béryl surgit entre deux volutes qui s’écartent lascivement, presque à regret.

— Tolède, tu as une de ces têtes, mauvaise journée ?

— Différente.

— Dans le bon sens du terme j’espère ? Je te sers quoi ?

— Je crois bien ; envoie moi une Orion fraîche.

— Tu attends toujours ton fantôme ?

— J’en sais rien encore, quelqu’un m’a demandé ?

— A part Dante, personne.

— Il est dans le coin ?

— Sûrement, il n’a pas encore payé ses consommations. Si je le vois, je te l’envoie ?

— Si tu peux oui, merci Béryl.

La barmaid s’éloigne rapidement de son allure féline. Je ne comprends pas comment elle fait pour évoluer là-dedans en étant totalement bio. Surement une mutation génétique propre aux gens qui bossent dans ce genre d’endroits.

Ce n’est que trois bières plus tard que Dante daigne enfin me saluer, son air blasé, sa coupe de cheveux façon jeune premier, ses vêtements hors de prix, tout son être transpire la richesse, la réussite sociale et l’indolence. Ses tatouages faciaux luminescents impressionnants aux couleurs de SiunCorp illuminent son visage et les ténèbres alentours. Je le salue en levant mon verre à sa santé alors qu’il se laisse tomber avec nonchalance sur l’une des banquettes en face de moi.

— Tolède ! Je ne t’ai pas vu arriver, tu ne salues plus les vieux amis ?

— Allons, tu sais bien que je ne veux pas te déranger pendant que tu batifoles avec le peuple en les hypnotisant comme un Drewdelbak cendré en plein rut.

— Hey ! C’est un sujet sensible ça, tu sais que je…

Sa tirade est interrompue quand je salue le nouveau venu, […]

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