Participation au National Writing Month 2015 – Clog

Certificat de succès, enfin c'est pas parce qu'on atteint l'objectif que le travail est terminé

Le projet lancé aura pour titre C-Log (jeu de mot pour Colony Log et clog=sabot) Il s’agit d’un fiction écrite sous forme d’un journal de bord. Ce roman s’inscrit dans le monde de la Connexio Sybarite, ouvrage intermédiaire entre le tome 1 et le tome 2.

L’humanité a lancé un vaisseau vers Mars et tente de coloniser la planète petit à petit. Paul Iansen est le 12ème C-Logger, colon volontaire pour un aller simple, il a pour mission de fédérer autour de lui, huit autres apprentis colons, créer une structure viable et accueillir, au fur et à mesure de l’agrandissement des installations, de nouveaux colons. Une mission qui sera semée d’embûches. Triomphera-t-il en permettant à l’humanité d’établir un nouveau pied à terre sur une planète proche ? Ou au contraire son C-Log servira-t-il d’exemple à ne surtout pas suivre ? Vous le saurez en lisant son C-Log. Et si cette aventure ne cachait pas d’autres raisons… D’autres secrets plus inavouables ?

L’équipe type de colonisation dans cet univers est de neuf personnes

  • Un médecin : dont le rôle est de garantir la santé des membres de l’équipe, il fait également autorité dans les questions de moralité et d’éthique et se doit de conserver une stricte neutralité dans ses interventions.
  • Deux biologistes : Leur rôle est de garantir un approvisionnement régulier en matière premières végétales, nourriture ou autres telles que la pharmacopée ou encore les sources d’amidon nécessaires à la production de bio plastiques.
  • Deux ingénieurs : leur rôle est de garantir le bon fonctionnement de la base et d’assurer la production d’objets manufacturés nécessaires.
  • Quatre techniciens polyvalents : les techniciens ont pour objectif de fournir un point de vue et une polyvalence élevée sur les nombreux postes techniques de la base. Ils ne pourront pas remplacer un spécialiste de façon aussi pointue, mais leurs connaissances générales leur permettent de compenser au pied levé une absence, de faire fonctionner la machinerie, procéder aux réparations basique ou d’assister un spécialiste quel que soit son domaine. En dépit de leur absence de spécialisation, sans eux, rien ne serait possible.

Les personnages sont les suivants :

  1. Paul Iansen, biologiste, désigné responsable de la tenue du C-Log par tirage au sort.
  2. Olga Muller, biologiste
  3. Irina Tchoumarov, médecin
  4. Jeff McLurry, ingénieur
  5. Aki Okuda, ingénieur
  6. Esmée Carpentier, Technicienne polyvalente
  7. Simon Desfleur, Technicien polyvalent
  8. Fiorenzo Estrelli, Technicien polyvalent
  9. Maxim Toda, Technicien polyvalent

Samedi 23 février 2250

Douze mois de sommeil, douze mois enfermés dans des cercueils branchés à des moniteurs par dizaines. De quoi vos fiche la trouille. Et maintenant que nous sommes arrivés, maintenant je suis encore plus terrorisé. Je fais partie du douzième groupe à être réveillé par l’équipage. Ce qui signifie qu’au moins quatre-vingt-dix-neuf personnes ont échoué. D’après leurs CLog, la plus longue survie a été de 39 jours. Les autres ont échoué à partir du moment où ils n’avaient plus de nourriture. Ils nous ont réuni dans une salle de briefing, nous ont présenté et nous ont donné le nom du grand gagnant, celui qui a été désigné volontaire pour diriger cette tentative d’établissement. Formidable, c’est moi. J’ai donc une demi-heure pour rédiger ma première entrée de notre journal de colonie, le CLog comme ils disent dans leur jargon, le temps qu’ils chargent le module d’atterrissage des matériaux nécessaires. J’ai cru comprendre que la fiabilité de ces machins n’était pas grandiose, mais de toute façon, quand j’ai signé, je savais que c’était pour un aller simple. Ma famille me manque, et je me rends maintenant compte que je suis peut être parti pour les mauvaises raisons. Inutile de se lamenter, il y a encore soixante mille âmes en sommeil dans les entrailles du Noah. Je ne veux pas mourir des suites d’un accident, d’une éventuelle pénurie de ressources de base ou parce qu’un abruti aura pété un plomb. Mon dieu, je devrais être en train d’écrire pour la postérité, au lieu de ça, j’écris mes états d’âme et mes angoisses. Impossible d’effacer une entrée de CLog, ils veulent tout savoir, ce qui a marché comme ce qui n’a pas fonctionné. Leur chef géologue m’a proposé plusieurs sites possibles, ils ont tous des avantages et des inconvénients. J’en ai pris un au hasard, sans vraiment regarder les différents éléments de mission. Je crois que je m’attendais à beaucoup de choses, mais pas à être nommé chef d’expédition. Je n’ai aucune aptitude au commandement. Il me faudra apprendre sur le tas et prier pour que les gars soient capables de me comprendre. J’ai du mal avec la logique du truc. Je veux dire, on met un vaisseau en orbite de mars avec des dizaines de milliers de bonshommes en animation suspendue, on en réveille neuf au hasard, l’un d’entre eux est nommé chef par tirage au sort, on leur charge un module avec le strict minimum vital et on leur dit, débrouillez-vous. Si nous survivons assez longtemps, ils daigneront nous envoyer des colons supplémentaires en fonction des besoins et de la viabilité de la base. Idem pour les ressources premières, si nous arrivons à devenir viables, ils nous envoient des navettes capables de remonter en orbite pour troquer ce qu’il nous manque. Donc, je résume, il nous faut rapidement construire une base viable pour que le vaisseau arche veuille bien augmenter notre population petit à petit et nous alimenter en ressources. On se croirait dans un mauvais film. D’un autre côté, je peux comprendre qu’ils n’aient pas envie de réveiller tout le monde d’un coup et de se planter une seule fois et en beauté. Non la logique n’est pas aberrante. Simplement, elle me dépasse un peu. Admettons. Bon, l’avantage c’est que si nous arrivons à produire ce que le Noah ne peut pas produire et que nous survivons jusque-là, nous aurons une bonne base de négociation. La lumière au-dessus de ma porte vient de changer de couleur, il ne me reste que peu de temps. Nous n’allons pas tarder à atterrir sur Mars et tenter de coloniser ce caillou. J’ai vraiment du mal à croire ce que je viens d’écrire. C’est vraiment arrivé, moi, Paul Iansen, sur Mars. Si j’arrivais à rendre cette colonie viable, on se souviendra de moi comme d’un héros. Mais si je me plante, personne ne s’en souciera, ils enverront une équipe de démontage récupérer tout ce qui peut l’être, et on réveillera neuf autres gus qui descendront à leur tour. Nous verrons bien. Bon, l’avantage, c’est que le jour martien est à peine plus long du jour terrestre d’une demie heure environ, ça ne nous changera pas des masses.

Samedi 23 février 2250 addendum :

Nous avons atterri, la descente a été terrible, le module tremblait de toutes ses soudures, un miracle que nous ayons pu arriver en un seul morceau. Nous avons profité de la magnifique aube martienne, cela dit en passant, question paysage, c’est fade, du rouge, de l’ocre, du rouge, encore de l’ocre. J’ai envoyé Jeff et E-tron 1 installer une petite installation électrique, Olga et Aki sont allé déployer le module de forage pour nous donner de l’eau. Dans le même temps le reste de l’équipe et moi avons installé nos premières structures gonflables. Un générateur à oxygène, un sas et un réfectoire. Plusieurs astéroïdes sont tombés non loin de notre position, mais nous avons de l’air, de l’eau et de l’électricité pour la fin de la journée. L’équipe est contente, j’avais vraiment peur que nous soyons obligés de dormir dans nos combinaisons pour cette première nuit sur place. Les rations sont immondes, mais au moins elles ont le mérite d’être mangeables. Le reste des fournitures est à l’abri. E-tron 2 a refusé de fonctionner correctement, j’ai demandé à Jeff d’y jeter un œil quand il aura le temps. Si ces robots tombent en panne dès le premier jour, on ne va pas s’en sortir. Maintenant que nous avons un toit sur la tête, le son des impacts de météores sont moins bruyants. Reste que nous sommes vigilants au cas où quelque chose nous tomberait dessus comme ça. Devant l’immensité de la tâche que nous avons à accomplir, je me rends compte que nous sommes vraiment petits dans l’univers. Notre médecin s’est déjà distinguée en faisant remarquer que les rations de survie n’étaient pas adaptées à un effort soutenu et qu’il faudrait remédier à cela rapidement, je lui ai dit que je prenais bonne note. Pour le moment je profite d’un moment de repos bien mérité. L’équipe a bien bossé. Demain sera une autre longue journée, il nous faudra installer de nouvelles structures et renforcer les cloisons extérieures avec une idée d’Aki. Reste à bien prévoir notre coup, je n’aimerais pas refaire le terrassier. Finalement, l’endroit pour notre atterrissage n’est pas si mauvais. J’aurais peut-être dû commencer par là. Si ça se trouve, le prochain à lire ce CLog pourra me commenter. Je préfère me montrer optimiste. Nous avons une vaste mesa venteuse bien exposée, idéale pour de l’énergie éolienne ou solaire, un sol stable et bien tassé relativement égal. Simon m’a apporté les relevés géologiques de l’endroit et nous avons plusieurs dépôts de minerais prometteurs. Il faudra que j’envoie une équipe demain sur place pour constater, faire des prélèvements d’échantillons et définir le meilleur site où implanter notre matériel d’extraction. Le capitaine du Noah était clair sur le sujet. Les seuls matières qu’il ne peut pas produire de façon autonome, ce sont les métaux. Si j’arrive à nous en faire produire rapidement, j’aurais une ressource valable à leur échanger contre ce qui pourrait nous manquer. Fiorenzo m’a fait remarquer que pendant qu’il aidait à l’érection de notre générateur d’oxygène il avait remarqué un point brillant non loin. Je lui ai dit d’oublier et de se remettre au travail, mais j’enverrais peut être un binôme aller vérifier si ce scintillement est toujours là demain. Il pourrait s’agir de choses intéressantes. Esmée me laisse un drôle de sentiment. Je veux dire, elle est bosseuse, mais je ne sais pas, elle paraît assez solitaire, toujours à regarder ailleurs quand on lui parle. Je crois qu’elle n’aime pas beaucoup Olga, ma collègue biologiste. Il a par contre fallu que je rappelle maxim à l’ordre dès aujourd’hui au sujet du comportement à avoir entre nous. Je lui ai rappelé que si ses pulsions sexuelles ne se calmaient pas rapidement, il allait faire un tour dehors sans scaphandre histoire de se rafraîchir les neurones. L’un des CLog que j’ai eu l’occasion de lire m’a sensibilisé à ça. Je ferais attention, mais les rapports femmes/hommes ne doivent pas entrer en ligne de compte pour le moment. Notre mission est de rendre cette colonie viable, pas de peupler la planète. En résumé, nous sommes neuf colons, notre mission est claire, nous restons concentrés et nous devenons riches et célèbres. Nous perdons notre objectif de vue et le sable de cette mesa nous servira de tombeau. Pas grand-chose d’autre à dire si ce n’est que mon chat me manque, nous n’avons pas de réseau informatique digne de ce nom, pas accès aux moindre commodités de base et que nous dormirons tous ensemble sur le sol de notre réfectoire cette nuit. Pendant que je rédige cette note, Jeff est venu me voir au sujet d’E-tron 2, il fonctionne à nouveau, mais certaines pièces resteront abimées tant que nous ne pouvons pas nous en fournir. Le robot est sans doute reconditionné d’une autre expédition et certains composants sont déjà oxydés bien au-delà de ce qui pourrait nous paraître normal en une journée sur une planète aride. J’ai demandé à Aki et à Jeff de revérifier nos combinaisons et les différentes pièces complexes que nous ne pourrons pas produire seuls avant un petit moment. Sur le coup Aki ne voyait aucun intérêt à faire ça, mais quand Jeff lui a expliqué pour notre adorable petit tas de ferraille, il a vite changé de discours. Pour ma part, je verrais demain ce que je peux faire pour améliorer notre quotidien avec Olga. Nous étudierons les différentes possibilités et verrons quelles sont nos marges de manœuvre. Il y a tant de choses à penser, tant de choses à faire et si peu de temps. Mes idées vont dans tous les sens. Comme je voudrais être à l’instar de ces grands commandants que l’histoire nous décrit, froid, calculateurs, capables de tout planifier dans les moindres détails. Mais nous sommes à cinq cent million de kilomètres de chez nous. Le vaisseau arche compte sur nous et nous… nous ne pouvons compter que sur nos propres capacités à innover et surmonter les dangers. Fin de l’addendum du jour.

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